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jeudi 1 juin 2017

Live report : Metal Culture(s) VII (dernière partie 07/05/17)














Ce dimanche de début mai, n'est pas seulement synonyme de deuxième tour des élections présidentielles, il correspond également mais aussi surtout au dernier jour (déjà !) du festival Metal Culture(s) VII. Après quatre premières excellentes soirées (1ére partie et 2éme partie du live-report) remplies de découvertes et de concerts de très grande qualité, que va nous réserver cette dernière soirée ?





C'est Lord Shades qui amorcera la quatrième et dernière soirée du fest. Groupe de death/black fondé en 2001 qui a sorti seulement deux albums. D'entrée, on comprend, au style vestimentaire des musiciens, c'est à dire capuche sur la tête, gilet de cuir et long manteau noir, que les influences sont diverses. On navigue en fait entre riffs, rythmes et chant death, très épiques puis passages symphoniques (rappelant Dimmu Borgir) et chant black rondement menés. S'alternent ainsi des parties très rapides et nerveuses à des parties beaucoup plus lentes et malsaines. Cette alternance, savamment dosée, apporte une efficacité absolue à la musique proposée. Bien que les chansons se rapprochent aisément des dix minutes, on ne s'ennuie absolument pas, grâce à l'apport des samples et orchestrations qui amènent une très bonne diversité dans les ambiances proposées. Les quelques passages symphoniques, avec parfois de la voix lyrique féminine, enrichissent encore plus le propos, ils ajoutent une certaine touche d'accalmie et de poésie qui font se confronter nos sentiments. On se croirait tantôt en pleine guerre, tantôt perdu dans un désert, tantôt esclave ou dans un univers d'héroïc fantasy. Cela montre bien, qu'outre le style vestimentaire, le look ou les décors, c'est bien la musique à proprement parlé qui est épique et non pas l'inverse. Les membres, presque timides, se limitent à leurs partitions, mais ils le font très bien. Que ce soit, les guitares, la basse ou la batterie, chaque partie est précise et pointue. Les variations entre voix grave, growlée, voire très grave et caverneuse, puis chant plus criard, emprunté au black, impressionnent. Le son une nouvelle fois parfaitement équilibré mettra en valeur le show et ce chant saisissant. Un set très riche, intense, qui ouvre à la perfection cette dernière soirée, pour un groupe qui mérite que l'on parle plus de lui.


Lord Shades, un groupe talentueux qui demande à être plus connu




Très gros changement d'ambiance et d'univers avec le deuxième groupe qui prend la suite. Cette fois, ce sont les Parisiens de Cowards qui montent sur scène. Changement d'ambiance, car c'est du hardcore qui nous est cette fois proposé. La musique possède tous les codes du genre : vitesse rythmique effrénée, riffs simples et rapides, sonorités agressives et distordues, larsens, chant crié voire colérique et torturé, chansons courtes... Mais pas que, puisque parfois les rythmes ralentissent sensiblement, les mélodies se révèlent, les breaks se mettent en route, ce qui amène un aspect doom/sludge bienvenue et des ambiances beaucoup plus malsaines, nauséeuses et mélancoliques. C'est ça du hardcore anxiogène ! Les sonorités mettent particulièrement en avant le couple basse/batterie, bien qu'évidemment on entend aussi parfaitement les guitares. Chaque membre du combo donne tout sur scène : ça se plie en deux, ça bouge, ça sue à grosses gouttes. Mention spéciale au chanteur qui vit intensément ce qu'il chante, mais surtout à un des deux guitaristes dont les mimiques, les grimaces et l'attitude font que l'attention se focalise sur lui. Certains dans l'assistance s'en amuseront ou trouveront son attitude surjouée voire offensante (nombreux doigts d'honneur ou crachats sur scène ou dans le public), on ne peut que constater tout de même qu'il vit à 100% ses riffs et sa musique, criant même parfois en chœur avec son chanteur. Il n'y aura aucune communication avec le public, les chansons s'enchaînent avec une violence déconcertante. Cela a pu évidemment en rebuter quelques-uns, pour un style pas toujours facilement apprivoisable, mais qu'est-ce que ça fait du bien de temps en temps de voir un concert de bon vieil hardcore !



Le guitariste très expressif de Cowards




Place désormais au 2éme groupe international du fest. Il s'agit de Bongzilla, groupe aux vingt années de carrière, pour un nouveau changement complet de style. Cette fois, c'est un mélange de heavy/sludge/stoner/doom (rien que ça !) que vont nous jouer les Américains. Si leur musique semble difficile à classer dans un genre définit, ce dont on est sûrs c'est que les riffs sont lents, lancinants et entêtants, le son est bien gras, rond et lourd. Comme pour tous les précédents concerts le son est excellent, puissant sans être brouillon et parfaitement réglé. La puissance est telle que le sol et les murs de La Chapelle trembleront. Le chant, ou plutôt les cris, sont torturés. Il n'est néanmoins pas omniprésent, certaines chansons se révélant être entièrement instrumentales. Les toms et la caisse claire de la batterie sont martelés. Les compositions, pourtant relativement homogènes, ne sont pourtant pas ennuyeuses. En témoignent les trois quarts de l'assistance qui headbang à l'unisson pendant l'intégralité du show et qui applaudissent chaleureusement entre chaque morceau. Les quatre membres du combo, casquettes vissées sur la tête apprécient l'accueil. Les jeux de lumière, la plupart du temps dans le dos du batteur, sont très fournis et intenses. Dans des dominantes froids, verts pendant tout le set, accompagnés par une fumée épaisse, ils correspondent incontestablement à la musique jouée. Une bonne heure de bonne musique, on en aurait bien redemandé plus !



Tout droit venu des USA : Bongzilla !




L'interview auquel j'aurai assisté, quelques heures plus tôt, par la célèbre radio "Radio Pays de Guéret", aura donné le ton ! Que ce soit pour vos mariages, vos anniversaires, vos enterrements de mariage, vos enterrements même, vos Barmitsva, baptêmes etc... il y a Ultra Vomit ! Une bande de quatre gais lurons qui sait tout faire : parodies des meilleurs groupes avec "Kammthaar" pour Rammstein, "Un Chien Géant" pour Tagada Jones, "Takoyaki" pour Maximum The Hormone; reprises et mashup improbables avec "La ch'nille" en version grindcore ou encore "Calojira" (ah ce fameux "Face à la Mer" avec le son de "Vacuity" !); chansons engagées telles que "Pipi vs Caca", "Evier Metal" ou "Super Sexe", gags, à l'image de la foireuse séance d'hypnose; voire publicité (le fameux t-shirt Saint Maclou et "Keken" ou "Anthracte" pour présenter les membres), rien de tel pour parfaitement mettre l'ambiance ! Tout ce qui saura faire danser, pogoter, slamer, wall of deather (je sais, ça ne se dit pas) ou encore faire faire la chenille à 500 metalleux dans vos salles de concert ! Mais attention, n'allez pas croire que la musique d'Ultra Vomit c'est seulement des reprises ou improvisations et des blagues foireuses... Non, c'est avant tout des compositions bien ficelées, un son lourd et intensément puissant, pour des musiciens qui assurent comme des beaux diables. Enfin bref, Ultra Vomit aura su complétement retourner la fosse, déchainer les metalleux présents et faire rire toute l'assistance. Une heure et demi de set complètement folle pour la meilleure prestation de la soirée, et un des meilleurs accueils du festival (mon cœur balance avec l'accueil reçu par Black Bomb A la veille), chapeau bas Messieurs !



En pleine séance d'hypnose avec Ultra Vomit




Le dernier set approche désormais. Pas mal de spectateurs ont déjà malheureusement quitté le festival. Nouveau total changement d'ambiance, c'est Year Of No Light qui monte sur scène. L'ambiance, la musique totalement instrumentale et le style proposé, dans des influences post hardcore/sludge, sont évidemment beaucoup moins propices à la fête. Cela n'enlève rien à la qualité musicale proposée, bien au contraire, pour un style qui prend évidemment tout son sens en live. Chaque membre du sextet assure sa ou ses parties (à l'image du deuxième batteur ou du bassiste qui s'occupent en alternance du clavier et des machines) à la perfection. Tout commence le plus souvent par un rythme très lent à la batterie, puis le synthé joue quelques accords dans une ambiance mystique, quelques notes à la guitare et l'on entre dans le vif du sujet, le son saturé entre en action, les chansons se mettent en place petit à petit et la magie opère. La montée en puissance et l'intensité du son et des riffs sont étouffantes, on est écrasés par les vrombissements de la basse, par les riffs des trois guitares, véritables baffes qui nous sont assénées en plein visage ! Les deux batteries, avec parfois quelques parties qui différent, ajoutent encore plus de puissance au set. Mais, pour autant, la beauté des mélodies, les touches aériennes de synthé, dans un mouvement progressif, nous font aussi voyager. L'apport du clavier et des machines, avec quelques parties cuivre, ajoutent des ambiances atmosphériques omniprésentes, tantôt libératrices, tantôt obscures, qui font traverser toutes sortes d'émotions. Ceci, bien entendu, aidé par les lumières intimistes, parfois sombres et faibles, parfois intenses et fournies. Le public, bien qu'en comité restreint, se révélera complètement conquis et captivé par le show assuré devant lui, sur un nuage. Un concert magnifique et magique, qui aura fait rêver et aura parfaitement conclu cette dernière soirée de festival et qui se révélera être la deuxième belle découverte du fest !



Et dans l'ombre surgit la lumière Year Of No Light




Voilà, la septième édition du Metal Culture(s) de Guéret est à présent terminée. Une édition particulièrement riche, pour un festival pluri-disciplinaire qui aura une nouvelle fois su faire varier les évènements et les genres, des concerts tous excellents, très éclectiques dans les styles, mais très bons, des découvertes très intéressantes et des têtes d'affiche au top. Le record d'affluence aura été battu cette année, puisque ce sont 1500 metalleux qui seront venu fouler la fosse de La Chapelle durant ces trois jours de concerts. Les quelques nouveautés (petite scène extérieur sous un chapiteau, librairie) ainsi que l'agrandissement du site se seront révélées bienvenues. On regrettera seulement le manque de ciné-concert cette année, marque de fabrique des éditions précédentes, mais, je vous rassure, selon mes informations, le grand retour est prévu pour l'an prochain ! Rien à signaler concernant les aspects nourriture et boisson, du choix, de la qualité, des bonnes bières et surtout des prix abordables. L'organisation aura été excellente, l'accueil exceptionnel, que ce soit au niveau du public ou des artistes (quasiment tous les artistes l'ont souligné et ont remercié les organisateurs). Le public chaud bouillant aura retourné la Chapelle comme jamais ! Bref, cette réussite démontre que le festival progresse d'année en année et devient une référence dans la région. Un grand bravo à tous les organisateurs, les bénévoles, les metalleux et bien sur les groupes, qui auront tous parfaitement assurés !  Rendez-vous les 10/11/12 mai 2018 pour la prochaine édition !

C'est beau une chapelle qui s'ouvre au metal !











mercredi 24 mai 2017

Live report : Metal Culture(s) VII (deuxième partie 06/05/17)













Suite aux deux premières soirées du Metal Culture(s), qui nous auront déjà pas mal botté les fesses, voici que la troisième et avant dernière soirée, veille de deuxième tour des élections présidentielles, se profile à l'horizon. Au programme des hostilités : une ouverture à l'Europe avec les Suisses de Zeal & Ardor, les locaux de Radium Valley, Moonreich, en plus des têtes d'affiche Gorod et Black Bomb A. Une nouvelle fois alléchant  tout ça !


L'ouverture de cette deuxième soirée à la Chapelle ira à Radium Valley. Ma dernière occasion et la première de voir les Creusois sur scène, se présenta lors du dernier Festival de Noël de Limoges, fin 2015. Le combo qui va sortir un nouvel opus dans les mois à venir, va t-il nous proposer quelques extraits ? Il fera mieux que ça, puisque les trois quarts du set seront consacrés à des nouvelles compositions. Celles-ci, sont dans le pur style Radium Valley, c'est à dire un mélange de metal indus/gothic metal à l'ambiance post-apocalyptique très marquée. Cette ambiance et cet univers de destruction et de désolation seront une nouvelle fois particulièrement représentés sur scène, tous les membres étant costumés et masqués (masques à gaz). Mais, tiens, tiens ! On dirait bien que ce n'est pas le chanteur habituel, Luc De Villars... Malgré le masque en toile de jute, qui ne permet pas de voir le visage, ce qui met la puce à l'oreille et donne une indication, outre la carrure, c'est le timbre de voix légèrement différent. La comparaison s'arrêtera là puisque le groupe ne jouera que deux chansons du premier album "Tales From The Apocalypse": la musicale et éponyme "Radium Valley" et la grandiose "Sweet Infection", c'est dommage ! Malgré ce léger regret, les nouvelles compositions, rendent vraiment bien, même si évidemment leur appréciation est plus complexe car elles me sont totalement inconnues. Les jeux de lumières sublimeront une nouvelle fois le set, tout comme les écrans de télévision qui déversent des images de désolation, ainsi que les décors métalliques qui font toujours leur effet. Le chanteur, qui s'agite avec des mouvements saccadés ou qui reste complètement immobile joue à la perfection son rôle de frontman et ajoute un plus évident à la mise en scène. Un très bon concert qui fait dire : vivement le nouvel album !


Les irradiés de Radium Valley




C'est au tour de Moonreich de monter désormais sur scène. Jeune groupe originaire de Paris (formé en one man band en 2008 pour l'anecdote) qui nous propose du black metal. La symbolique d'un groupe de black jouant dans une chapelle est forcément remarquée. Bien que, je le rappelle, le black n’est pas mon style de prédilection, j'ai pourtant été agréablement surpris par le show de Moonreich. Evidemment bien marqué par toute la symbolique et les caractéristiques du black metal : blast beat dans tous les sens, riffs sur-excités, chant hurlé, mais aussi musiciens maquillés et peinturlurés en noir et blanc, looks effrayants, magnifiques back drop d'imageries de mort; qui font toujours leurs effets dans un lieu tel que la chapelle. Cependant, une certaine touche d'originalité apparaît au niveau de la musique. Quelques passages, parfois en son clair, plus lents et obsédants amènent ce côté novateur et l'apport de la deuxième guitare et de quelques passages plus mélodiques ou, osons-le, plus atmosphériques, ne sont absolument pas négligeables. Ainsi la musique proposée ne s'arrête pas seulement à du pur black, les riffs et parties à la six cordes sont d'ailleurs très variés au sein des compositions. Bien sur, la précision du son valorise vraiment la musique et le style proposé, on distingue facilement chaque instrument, ce qui est à noter pour un concert dans ce genre. Les membres ne sont évidemment pas là pour rigoler, le frontman en est même presque intimidant, son maquillage agressif, sa stature et son attitude impressionnent : il se tient devant nous, bras écartés, le regard fixe et furieux, il nous domine, nous harangue, prêt à en découdre, nous rappelant un certain Jens Kidman, la peinture et les cheveux en plus. A l'image du set particulièrement imposant qui m'aura véritablement bien plu !


L'univers black de Moonreich




Je savais que je pouvais m'attendre à un déferlement de technicité avec Gorod, mais à ce point non ! Déjà presque vingt-ans que les Bordelais nous inondent de riffs ultra rapides, de solos en tous genre, pour un death metal ultra technique où se côtoient virtuosité, groove et brutalité. Je n'ai pas arrêté de me poser la question tout au long du set : mais comment font ces génies pour composer une telle musique, pour jouer aussi rapidement, aussi précisément, sans la moindre erreur, avec une maîtrise totalement dingue, tout en se rappelant surtout du nombre incalculable de notes jouées, le tout en s'amusant sur scène ? A l'image du bassiste, qui rigole, bouge, saute partout, et danse carrément, tout en assurant son jeu intensément groovy et jazzy, qui suit à la perfection les affolants riffs des guitares. Ce n'est tout simplement pas humain ! De plus, tous les musiciens sans exception prennent un pied incroyable sur scène, un plaisir, une envie qui font plaisir à voir et qui se transmettent naturellement sans peine au public qui le suivra complètement et lui rendra, en retour, un accueil particulièrement digne. Le chanteur n'en est pas en reste. Plutôt dans un style vestimentaire et un look sobres et sages pour un vocaliste de death metal, la folie s'est pourtant complètement emparée de lui ! Il grimace, se tape la tête (nouvelle similitude avec une "star" non ? Un certain Phil Anselmo...), bouge partout, tourne en rond, se tord en deux, il n'arrête jamais ! Et pourtant, tout comme pour les musiciens il maîtrise sa partie à la perfection : tantôt en utilisant des hurlements, du growl, du pig squeal cher au death metalleux, mais aussi quelques touches de chant parlé. Le groupe aura assuré une véritable démonstration technique, qui n'en était pas vraiment une, puisqu'il a joué sa musique sans aucune prétention, tout en prenant un immense plaisir non feint sur scène et en nous retournant le cerveau. Une baffe musicale, pour un style qui peut sembler difficile d'accès mais qui peut impressionner n'importe quel musicien amateur ou fan averti, assurément !


Le bassiste virtuose de Gorod




Le public désormais chaud comme la braise, place désormais aux deux derniers groupes de la soirée. C'est Black Bomb A qui entamera la conclusion. Tout comme Radium Valley, ma dernière (et première finalement) expérience live remonte à fin 2015, lors de l'excellent Festival de Noël de Limoges. Autant dire que je savais d'ores et déjà à peu près à quoi m'attendre. Et je n'aurai une nouvelle fois pas été déçu ! Malgré les changements réguliers de line-up, le groupe, plus de vingt-ans après sa genèse, continue de nous asséner son metal/hardcore qui tabasse, très bien maîtrisé, à grand renfort de hits tous plus entêtants les uns que les autres. Alors, que j'avais quelque peu mis le groupe de côté il y a quelques années, leur excellente prestation de 2015 m'a complètement ré-accroché au wagon. Toujours autant d'énergie sur scène, toujours autant de folie chez un Poun survolté, toujours autant d'envie, de sourires et de joie partagée, toujours autant de communication, de petits mots bienveillants et sympas pour les organisateurs, les autres groupes et leur public, bref une valeur sûre ! Les chansons, feront comme d'habitude mouche, les riffs et mélodies sont simples mais terriblement efficaces, les rythmes sont fracassants, le son est parfait, tout pour retourner une fosse me direz-vous ? Mieux que ça, le pit entrera totalement en fusion durant cette heure de set ! Les pogos, slams et wall of death, sans que le groupe ne le demande au préalable d'ailleurs, se suivront sans arrêt. Les voix, criardes et aiguës alternées au growl, très complémentaires, font largement le job. Je me suis d'ailleurs encore demandé comment Poun fait pour ne pas se briser les cordes vocales, tellement toute sa rage passe dans ses cris, "Tears Of Hate" en est le plus bel exemple. Un groupe qui met une claque définitive à tous ces quelques détracteurs, qui prouve son extrême efficacité live, et ce depuis plus de 20 ans ! Chapeau messieurs !


Black Bomb A, la folie live à l'état pur !




Place maintenant au dernier artiste de la soirée. Zeal & Ardor a beaucoup fait parler de lui en 2016. Pour le projet unique de Manuel Gagneux d'une part, partant d'une simple blague ou plutôt d'un défi sur un forum, mais aussi pour son mélange improbable de genres. Bien que je n'avais pas porté une seule minute de mon attention sur le projet, je me doutais bien que le mélange de black, blues, spiritual et electro pouvait se révéler soit complètement génial soit bien trop original pour être apprécié. Autant le révéler tout de suite : c'est une claque intersidérale !! D'entrée, on remarque la configuration "originale" de la scène, le chanteur principal, Manuel Gagneux en avant, son guitariste et sa bassiste de part et d'autre, légèrement en retrait puis encore en retrait les deux choristes et enfin le batteur. Les notes et rythmes electro de "Sacrileguim I" introduiront le show, comme pour bien nous faire prendre conscience de la diversité et de la variété musicale qui vont nous être proposés. S'enchaînent des chansons aux univers et ambiances très diverses qui se mélangent et se heurtent avec fracas, pour ainsi faire traverser diverses émotions : colère, froideur, apaisement, confiance, peur, mélancolie, tout ce qui peut permettre d'imaginer la rébellion des esclaves afro-américains contre les chrétiens, leur asservissement à Satan et leurs chants occultes possédés. Ainsi, on passe aisément, au sein d'une même chanson, d'un magnifique chant clair puissant, suivi des chœurs ou du gospel, à des cris typés black metal. Et la musique suit parfaitement : samples ou section rythmique seuls ou encore xylophone, puis riffs hypnotiques et rythmiques très rapides avec blasts hystériques et double pédale, également empruntés au black, comme pour la magnifique "Blood In The River" ! Mais ce qui au final frappe le plus, c'est la qualité de composition et la maîtrise des styles qui nous sont proposés. Bien que complètement avant-gardiste, tout sonne et s'enchaîne parfaitement, sans sonner faux, sans donner l'impression d'être forcé, dans une puissance et une intensité folles ! Le son savamment dosé et parfaitement équilibré met évidemment la musique en valeur. Les jeux de lumières aussi. Très fournis, intenses, dans des tons froids très appropriés, tantôt immobiles et derrière les musiciens, tantôt furieux et agressifs, ils subliment le tout. L'accueil et les applaudissements très nourris seront à la hauteur du formidable set proposé, le jeune groupe en sera même presque gêné. Quel show ! Le genre de show qui fait aller directement au stand de merchandising pour se procurer l'album en vinyle, l'écouter en boucle et avoir les chansons en tête pendant des jours entiers. Un chef d'oeuvre de LA découverte du fest, la révélation de ce début d'année, d'un génie musical qui va devenir très grand et incontournable !


Zeal & Ardor, un groupe qui va faire énormément parler de lui !




Et bien cette deuxième soirée de concert à la Chapelle se sera révélée monstrueuse avec des styles et des groupes très éclectiques mais qui auront tous réussi à assurer de formidables shows ! Quelle troisième soirée !
A suivre...


Les résultats sont là : 100% de votes favorables pour une 8éme édition !










lundi 15 mai 2017

Live report : Metal Culture(s) VII (1ére partie 04&05/05/17)














Pour sa septième édition, et mon troisième rendez-vous personnel avec le fest, les organisateurs du Metal Culture(s), festival pluri-disciplinaire Guérétois, ont décidé de passer à la vitesse supérieure : 4 jours de festival, 19 groupes proposés à l'affiche, dans quasiment tous les styles possibles, un site agrandi avec un ré-aménagement de l'espace extérieur et toujours un éclectisme événementiel : concerts, conférences, cinéma, expositions, lectures, master class de batterie... Après une sixième édition particulièrement réussi (pour rappel : partie 1, partie 2, partie 3 du live-report), qu'en sera t-il de la septième édition ?







Rien de tel pour bien démarrer un festival qu'une valeur sure ? Que nenni (je n'aurais jamais cru la placer un jour celle-là !) d'après les programmateurs du Metal Culture(s) ! Rendez-vous donc à La Fabrique de Guéret, en guise de préquelle du festival, dans une petite salle obscure, presque caverneuse, où une dizaine de spectateurs sont présents pour assister au show de Machinalis Tarantulae. Deux musiciennes sont assises sur scène, presque dans le noir, les lumières dans le dos, une viole de gambe électrique 7 cordes d'un côté, une guitare et un tom de l'autre, voilà le cadre qui nous est proposé. Passé cette première surprise, on entre dans le vif du sujet. La boîte à rythme se met en route, les rythmes et samples electro également et la machine infernale est lancée. Une sorte d'electro/indus mais pas seulement. Les chansons sont variées, tantôt rapides, tantôt plus lentes, mais l'univers est toujours sombre, oppressant, furieux, évidemment directement impacté par les parties de viole complètement torturées. Instrument qui ajoute une intensité incroyable, une touche lancinante, dépressive, où la tristesse s'entrechoc avec la colère et la violence des rythmes electro qui sont martelés par la boîte à rythme ou le tom de Miss Z (ex-Punish Yourself), ses riffs de guitare et les samples. Le chant parfois chanté, parfois scandé, parfois hurlé (comme l'OVNI de l'an dernier Myciaa), contribue également beaucoup à l'ambiance malsaine ressentie. Une super découverte, d'un OVNI musical qui possède un univers bien particulier et qui ouvre parfaitement le fest.


La fameuse viole de gambe électrique 7 cordes




La première (vraie) soirée de concerts débutera finalement le lendemain, avec un changement complet d'univers. Cette fois c'est Klone qui nous est proposé en entrée, à l'Espace Fayolle. Mais pour un set acoustique cette fois s'il vous plaît. Je vous avouerais que je n'avais jusque-là écouté leur album "Unplugged" qu'une seule fois et que finalement, le fait de connaitre par cœur tous leurs précédents opus et les chansons qui les composent m'avait quelque peu déstabilisé. Autant dire, que j'avais quelques petites craintes avant le show. Dans un cadre intimiste, assis pour l'occasion, les trois membres du groupe sont accompagnés par Armelle Doucet à l'accordéon, au tom et aux machines. Assistant à mon premier show acoustique, ce qui m'a frappé d'entrée, c'est la restitution parfaite de l'énergie et de la tension qui se dégagent des chansons, pour l'essentiel tirées d'"Here Comes The Sun", mais avec de nouvelles émotions et un charme nouveau, preuve du talent du combo dans l'écriture et la composition. La voix de Yann Ligner, déjà impressionnante en concert "classique", se révèle encore plus saisissante et incroyablement mise en valeur. Sa puissance est savamment dosée, elle n'est pas qu'une simple retranscription du chant habituel. Les touches d'accordéon et de percu. sont très bien senties, pas exagérées, elles sont en total accord avec les autres instruments et donnent une autre atmosphère aux compositions. Les chansons se révèlent alors encore plus intenses, poignantes, émouvantes mais aussi apaisantes : tout nos sentiments sont bouleversés. Un set majestueux qui aura valu au groupe une standing ovation, par des metalleux debout, visiblement touchés par la magie de ces cinquante minutes de poésie et de beauté.


La classe d'un concert acoustique de Klone




Enfin ! Après deux concerts d'ouverture du fest complètement opposés dans le style et les émotions ressenties, les shows à la célèbre Chapelle de la Providence sont lancés. Rien de tel que du rock'n'loud, ou si vous préférez, du bon vieil hard-rock, pour lancer les hostilités. Ce sont les Nîmois de Gut Scrapers qui s'en chargeront. Musicalement comparés à AC/DC ou encore ZZ Top, les compositions mélangeant hard, blues et heavy se révèlent très efficaces et intensément énergiques. Le jeu de la basse très groovy et bien mis en valeur, les riffs efficaces et les rythmes endiablés en sont la racine. Les solos impressionnent l'auditoire. Auditoire qui se montrera plutôt timide dans ses réactions et qui ne bougera pas beaucoup, probablement pris à froid. Pourtant, on ne pourra reprocher au groupe un quelconque manque d'énergie... Les membres tous souriants, donnent tout, ils vivent leur musique intensément. Le bassiste se paiera même le luxe de slamer tout en continuant à jouer ! Le chant est percutant, bien que la voix principale, qui me semble un peu forcée, me repoussera légèrement. Les chœurs, assurés par les deux guitaristes et le bassiste, amènent une diversité bienvenue. Les mélodies du chant et les refrains restent au final bien en tête, signe d'efficacité.  Un bon premier concert en somme.




Les Nîmois de Gut Scrapers




Place désormais à un des groupes que j'attendais avec beaucoup d'impatience. Après une première expérience live personnelle qui m'avait tout simplement fait rêver et frissonner, voici, cinq mois après, une nouvelle occasion d'apprécier un concert de 7 weeks. Le quatuor, particulièrement attendu par les festivaliers présents, a un nouvel opus à défendre ce soir. Et il l'aura fait à la perfection. Ce qui est marquant avec 7 Weeks, c'est sa formidable capacité à être sortie de ses influences très prononcées des débuts. Le groupe, au gré des différentes sorties d'albums, s'est émancipé, passant du stoner à la Queens Of The Stone Age du début, à un mélange de genre bien senti, grâce aux apports d'ambiances et de riffs plus metal. Il possède désormais son univers personnel. Cela se traduit par des chansons hybrides, mélant stoner/rock furieux et heavy aux ambiances lourdes et tendues, des riffs puissants, des rythmiques riches et variées et surtout une inventivité hors pair. Le son, très puissant, est parfaitement équilibré, entre vrombissements de la basse, riffs acérés et ambiances fournies, et rythmique inventive, ce qui avantage évidemment les compositions. L'accueil sera plus qu'à la hauteur. L'intégralité du public, qui semblait d'ailleurs aussi beaucoup attendre le set des Limougeauds, aura été conquis : captivé, concerné, en témoignent les chauds applaudissements à la fin de chaque titre. Les jeux de lumière, épais et teintés de couleur froides, agrémentent admirablement la musique proposée. Sublime ! Une petite heure d'un set dense et irréprochable , pour un groupe qui est en train de franchir une sacrée étape dans sa carrière : celle de la confirmation. Vivement la prochaine !


7 Weeks et son chanteur charismatique, Julien Bernard. 




Voici désormais la tête d'affiche de cette première soirée : Loudblast ! Ce soir, c'est pour un show spécial que le groupe du Nord de la France, aux plus de trente années de carrière, est présent. En effet, le concert fait partie de la tournée "The Dementia Tour". C'est à dire, que l'album "Sublime Dementia", sorti il y a 24 ans de cela, sera joué en intégralité ! Première remarque : c'est le bassiste de Black Bomb A (tête d'affiche de la 2éme soirée), Pierre Jacou et un nouveau guitariste, Jérôme Point-Canovas, qui seront derrière la basse et la deuxième guitare ce soir. Et on peut dire qu'ils ont assuré comme des beaux diables ! Les riffs et les rythmes destructeurs, véritables incitations au headbang, s'enchaîneront, les solos viendront réveiller l'enfer, tout ceci avec une aisance déconcertante. Enfin bref, je ne sais pas si j'ai besoin de décrire ce qu'est un concert de Loudblast ? Le groupe est tout simplement une arme de destruction massive sur scène, le charisme de Stéphane Buriez est impressionnant ! Le son, ou devrais-je dire plutôt le mur de son, qui s'abat sur nous est tout bonnement exceptionnel. Bien qu'ultra puissant, il n'est absolument pas brouillon ou fouillis. Bien au contraire, on distingue parfaitement les différents instruments, que ce soit les riffs rapides des guitares, les rythmiques folles de la batterie et la basse, et la précision diabolique des solos. Le public, plus que motivé par les précédents shows, n'en demandait pas tant pour se déchaîner. Les pogos et slams vont s'enchaîner pendant l'intégralité de cette heure de poutrage ! Le combo aura réussi à tout retourner sur son passage et, une nouvelle fois, à démontrer qu'il est le maître du death/thrash, que dis-je...du metal français ! La classe !   


Les maîtres du death à la française Loudblast ! 




Après cette débauche d'énergie et ces concerts tous plus magistraux les uns que les autres, la (difficile) tâche de clôturer cette formidable première soirée, ira à Fenrir. Groupe originaire de Nancy, qui m'était complètement inconnu jusque là. Difficile tâche car non seulement, le changement complet d'univers n'est pas toujours évident, mais aussi car le groupe semble vraiment jeune, ce qui n'augure rien sur la qualité musicale bien entendu, mais qui peut mettre une certaine pression, quant à l'idée de jouer derrière de telles pointures. Cela n'enlève en rien ma curiosité de découvrir un nouveau groupe. D'entrée on remarque que l'univers visuel est très marqué chez les membres du groupe : les costumes médiévaux sont de sortie pour évidemment bien appuyer le folk/power metal qui nous est proposé. Malheureusement pour le groupe, la fosse s'est considérablement vidée, exténuée par la débauche d'énergie des précédents concerts... Pour ma part, je ne suis jamais vraiment entré dans le set proposé. Le son, un peu brouillon et mal équilibré dessert quelque peu le combo. On n'entendait par exemple absolument pas la deuxième guitare. Mais, ce qui m'a le moins aidé finalement, c'est la voix. Pourtant choix assumé du sextuor, j'avoue que le léger manque de coffre de la chanteuse, et le côté très aiguë et basé uniquement sur du chant "naturel", non hurlé, m'ont un peu repoussé, malgré une tout de même jolie voix. Les longs interludes entre les chansons, où des histoires féeriques ou des aventures et légendes nous sont contés ont peut-être aussi cassé un peu le rythme. La place dans le running-order et mon état de fatigue auront sûrement eu raison de mon enthousiasme pour le groupe. Dommage car la musique proposée, avec des riffs et une section rythmique vraiment épiques, reste intéressante et les violons apporte une certaine touche d'originalité. Je ne demande qu'à revoir le groupe à une autre occasion pour mieux en juger.   


Les costumes sont de sortie pour Fenrir.



Les deux premiers soirs du Metal Culture(s) VII auront déjà été très enrichissant, entre découvertes, confirmation de valeurs sûres et ambiance de folie, vivement la troisième soirée ! 
A suivre...


La Chapelle : l'antre des metalleux du Limousin !










mercredi 3 mai 2017

L'affiche du Metal Culture(s) VII !
















Et oui, déjà le mois de mai ! Et le mois de mai, en Creuse, annonce l'arrivée d'un super festival, comme depuis presque une dizaine d'années désormais. Ce festival c'est évidemment le Metal Culture(s) de Guéret (pour rappel et pour avoir un aperçu : live-report partie 1, partie 2 et 3 de l'édition VI de l'an dernier). Une nouvelle fois, l'affiche s'annonce particulièrement alléchante, je vous laisse en juger :







Visuellement magnifique et très riche qualitativement nous retrouvons à l'affiche : Stillborn Slave, Machinalis Tarantulae, Who I am, Gut Scrapers, Lord Shades, Cowards, Moonreich, Fenrir, Year Of No Light, l'ovni Zeal & Ardor, Bongzilla, avec en plus Radium Valley, Klone (en set acoustique), Gorod, Black Bomb A, Ultra Vomit et Loudblast ! Une nouvelle fois du très lourd et dans tous les styles en plus ! Comme pour les autres années, le festival, tout au long des quatre jours, sera pluri-disciplinaire, avec, en plus des nombreux concerts proposés dans toute la ville et dans la plus que célèbre Chapelle de la Providence, plusieurs événements : cinéma, conférences, expositions, lectures et en guise de nouveauté, une master class de batterie avec Karol Diers batteur de Gorod. Au rayon des nouveautés justement : une mini scène à l'extérieur de la Chapelle (Chapelle dont le site sera agrandi et amélioré cette année) et bien sur l'ajout d'un 4éme jour de festival ! Pour de plus amples informations sur l'organisation du festival (le running-order par exemple ou encore les différents sites concernés), direction le site du festival. Des pass trois jours (45€ en réservation/50€ sur place) ou à la journée (18/20€) sont encore disponibles, mais dépêchez-vous, on vous attendra pas. Pour info, les pass 3 jours sont un sésame pour l'ensemble des manifestations du festival, encore une nouveauté qui fait bien plaisir. Ah j'oubliais, le festival démarre...demain et ce jusqu'à dimanche ! Allez, viens ! 













mardi 2 mai 2017

Live report : Festival de Noël #24 (2éme partie 17/12/16).













Suite à la première soirée de la 24éme édition du Festival de Noël de Limoges, voici la deuxième partie du live-report.




La soirée démarre plutôt bien : quel bonheur de revoir ce cher Franky Costanza ainsi qu'Izakar, tous deux ex Dagoba. Mais ce soir, c'est au sein de Blazing War Machine qu'ils se présenteront. La musique des Marseillais navigue entre death industriel et black symphonique. Evidemment, avec Monsieur Franky aux baguettes, les rythmiques sont impressionnantes et son jeu saccadé caractéristique est toujours autant efficace en live. Qui dit mélange des genres death/black dit vocaux qui se doivent d'être appropriés. C'est avec grand talent qu'Irina passe d'un chant à l'autre, les passages growlés s'enchaînant  à la perfection avec des cris plus aiguës. Tout simplement impressionnant ! Le show est agrémenté de jolis jeux de lumière et de lasers verts, lasers qui appuient incontestablement l'aspect indus de la musique. L'énergie et l'envie déployées sont appréciables et appréciées, surtout pour un concert d'ouverture de soirée, Franky demandant même un wall of death dès l'entame de la 2éme chanson...! Un bon concert d'ouverture, pour un groupe qui m'a donné envie de le revoir.

Blazing War Machine, un "hybride" bien sympa !




Si les parisiens d'Arkan et leur dernier album "Kelem" ont beaucoup fait parler d'eux en 2016, j'avoue que je suis un peu passé à côté de leur musique. L'occasion m'est donnée de pallier à ce manquement. Les premières notes laissent présager que du bon. Les riffs sont puissants, le son est bien équilibré et très harmonieux, il permet de parfaitement distinguer tous les instruments et de magnifier le death mélodique oriental qui nous est proposé. La complémentarité entre riffs death bien lourds et voix claire très mélodieuse est touchante et singulière. Ajoutez les touches de musique orientale et vous obtenez un mélange plus qu'intéressant qui paraît surtout tellement naturel. Mais l'efficacité de la musique d'Arkan, ne serait évidemment rien sans le chant. Le chant clair de Manuel Munoz, simplement magnifique, puissant et maîtrisé, qui sied parfaitement aux mélodies, d'un côté, mais aussi le chant growlé et guttural bien senti de l'également guitariste Florent Jannier se complètent bien. Malgré un arrêt brutal de son micro sur quasiment l'intégralité d'une chanson, l'alternance des deux confère une ambiance et des émotions particulières, tantôt la violence et le chaos, tantôt la beauté, la sérénité et la poésie qui nous font facilement voyager ! Une sacrée claque pour une très bonne découverte, d'un groupe qui va évidemment continuer à faire parler de lui !

Arkan et la splendide voix du chanteur Manuel Munoz.



Enfin ! Enfin, l'occasion de voir en live 7 Weeks, les locaux du festival, s'offre à moi. Premier constat : tout comme tout au long du festival, le son est parfait ! Deuxième constat : le style musical, mélange de rock/stoner/metal est parfaitement taillé pour la scène ! Le son très puissant, lourd et évidemment gras, rend encore plus intense les compositions. Tantôt lourdes avec de grosses ambiances à tendance psyché, tantôt plus rapides et se rapprochant du metal, tantôt alternant les deux, les compositions nous font traverser différentes émotions. En témoignent les chansons issues de l'excellent "7 Weeks plays Dead Of Night" absolument sublimées lors de ce concert et incroyablement intenses. La voix de Julien Bernard, chanteur et frontman du combo, se révèle très juste et puissante, elle ajoute encore plus de densité à la musique proposée. Enfin, vous l'aurez compris, un concert très intense vient de se dérouler, il ne m'aura absolument pas déçu ou fait regretter cette longue attente... Rendez-vous début mai, au festival Metal Culture(s) pour confirmer tout cela.

7 Weeks, du rock, du stoner et du metal !




La conclusion du festival se fera avec Mass Hysteria. Le groupe clôture également sa tournée 2016, le concert de ce soir étant leur dernier de l'année, tournée qui les aura vu effectuer tout de même 83 dates à travers l'hexagone ! Autant dire que le groupe était encore plus motivé que d'ordinaire. Il nous aura fait assister à quelques habitudes : efficacité des chansons, son très bien équilibré, énergie et positivité communicative... Egalement comme à son habitude, le combo n'hésitera pas à piocher dans l'ensemble de sa discographie : du petit dernier et excellent "Matière Noire" au tout premier "Le Bien Être Et La Paix". Chaque chanson, ou plutôt hymne métallique, prend tout son sens en live : riffs accrocheurs, rythmiques groovys, refrains entêtants et breaks destructeurs s'enchaînent à la perfection. Le public, particulièrement participatif en cette deuxième soirée, n'attendait que cette occasion pour achever le restant d'énergie qu'il lui restait. Pour fêter cette dernière, ainsi que le dernier concert du festival, Mouss, n'hésitera pas à distribuer à tout va au public, bières et whisky, au fur et à mesure des chansons. En guise de conclusion, une très grande majorité du public féminin (un record de participation apparemment pour le groupe) montera évidemment sur scène pour parachever cette grande fête du metal. Mass Hysteria, c'est grand !

Mass Hysteria et son armée de fans.




L'édition #24 du Festival de Noël aura été une très grande réussite : une organisation aux petits oignons, des groupes tous très talentueux, aux univers musicaux variés, des têtes d'affiche qui auront su tenir leur rang, des découvertes, une recette évidemment parfaite pour un festival de metal. Félicitations à tous les organisateurs, bénévoles, groupes et festivaliers pour cette nouvelle formidable édition !











mardi 21 mars 2017

Live report : Festival de Noël #24 (1ére partie 16/12/16)













Vingt-quatre éditions, plus de trois cents artistes accueillis, autant dire que le Festival de Noël est connu et reconnu au sein de l'ex région Limousin mais aussi par les métalleux des régions limitrophes. Cette reconnaissance permet aux organisateurs d'Execution Management de concocter des affiches toujours très alléchantes, en proposant des groupes en devenir mêlés à d'autres groupes à la renommée nationale ou internationale. L'affiche de la 24éme édition, 100% française, n'en était pas en reste, et, après une édition 2015 particulièrement réussie, qui constituait une grande première pour moi, c'est avec beaucoup d'impatience que j'attendais l’événement metal, du week-end pré Noël, en Limousin !






Arrivé tardivement sur le festival, je n'aurai donc pas pu profiter pleinement du show de Brooklyn Syndrome, groupe parmi les locaux de l'édition. Je n'aurai pu profiter, au final, que de seulement trois chansons. Bien dommage, car la fusion (mélange de rap/metal et funk), à l'influence évidente de RATM (jusqu'au look du chanteur aux airs de Zack de la Rocha), avait l'air particulièrement efficace et groovy. La reprise de "I'm Housin", parfaitement exécutée en guise de conclusion du set en est la preuve. A revoir à une autre occasion...

Brooklyn Syndrome dans l'esprit de RATM.




Dès le deuxième concert de la première soirée, une pointure de la scène metal française se présente devant nous. The Arrs, véritable fer de lance et pionnier du metalcore à la française, qui annoncera la fin de son activité et une ultime tournée quelques semaines plus tard, est présent pour en découdre avec nous. Deuxième et donc dernière occasion personnelle de voir les Parisiens en concert. Un show très énergique (est-ce une réelle surprise ?) qui sera malheureusement entaché par quelques problèmes de son, au niveau du chant au départ mais aussi un petit manque au niveau global : peut-être que le manque de puissance dans la sonorité de la batterie en est la cause. Cela n'aura pas perturbé l'efficacité des chansons proposées, ni empêché le pit de sortir le bleu de chauffe : pogos et slams en pagaille qui annoncent une sacrée ambiance pour les concerts à venir. Une prestation relativement courte (30 minutes environ) mais néanmoins intense, qui fera vraiment et fait déjà regretter le groupe...

Dernier concert, The Arrs nous manquera !




Voilà désormais le groupe français à la mode chez nous, mais aussi et tout particulièrement au Japon. Bien que pas spécialement novateur, le rapcore de Rise Of The Northstar, évidemment toujours à propos pour le live, sait rallier les foules. Les riffs sous accordés et la puissance du son ne sont évidemment pas un frein pour le style. Ce qui me "repousse" le plus finalement, outre le chant et l'attitude rappé, c'est surtout le manque de puissance dans la voix du chanteur. Bien qu'ayant un flow intéressant et parfaitement maîtrisé, elle est un peu trop criarde à mon goût et l'on sent que les rares parties plus pêchues, growlées, sont plus compliquées pour lui. Cependant, cela n'altère en rien l'efficacité musicale (à défaut d'originalité) : riffs tantôt ultra rapides, tantôt lents, entrecoupés par des breakdowns qui feraient headbanger un décapité et quelques solos impressionnants... On sentait, lors de l'observation du public sur les précédents concerts, que le groupe était attendu, à la vue des nombreux t-shirts ou vestes arborés par les jeunes métalleux présents. Les fans n'auront pas été déçus tant le combo aura su tout renverser sur son passage. Le pit en feu n'en demandait pas tant : les slams dans tous les sens, circle-pit, pogos, wall of death, stage diving et autres jump s'enchaîneront sans discontinuer. La démonstration, du public totalement acquis à la cause du groupe, se fera, lorsque le chanteur fera s'accroupir l'intégralité de la fosse, puis jumper à son signal ! La scénographie, évidemment très inspirée par l'imagerie mangas correspond bien aux titres proposés. Les deux jets de flammes en tissu, de part et d'autre de la batterie, dénotent par contre légèrement. En conclusion, j'avais eu le même ressenti à l'occasion du passage du groupe au Hellfest 2015 : pas forcément ma tasse de thé de prime abord, mais on se surprend à hocher la tête et on ne peut au final nier la capacité du jeune combo à soulever les foules et à fédérer...tout ceci pour un groupe qui n'existe que depuis 2008...

Rise Of The Northstar un groupe à l'identité visuelle bien marquée.




L'ultime concert de cette première soirée nous fera vivre un total changement d'ambiance et d'univers. Pas mal de métalleux (et finalement pas spécifiquement que les plus jeunes) ont déserté les lieux. La place est faite pour les punks celtiques des Ramoneurs de Menhir. Oui, oui vous avez bien lu : punk celtique ! Ne sachant pas du tout quoi attendre de ce concert, c'est avec une grande curiosité que je vais y assister. La définition de punk celtique est parfaite : boîte à rythmes, accords barrés, agrémentés de biniou, bombarde et autres instruments à vent celtiques et chant en breton s'il vous plaît ! Evidemment, qui dit punk et qui plus est avec Monsieur Loran (ancien guitariste des Béruriers Noirs), dit message très engagé. Tout y sera passé : politique, génocides, mondialisation, capitalisme, OGM, chaque changement de chanson est synonyme de dénonciation. Certains propos font sourire, comme la dépénalisation de l'ensemble des drogues, d'autres font réfléchir. A l'image des remerciements adressés au public, qui se bouge pour venir au concert, avec comme message que c'est grâce à la synergie qu'il existe avec les bénévoles et les groupes que les concerts existent et si la politique fonctionnait avec des bénévoles, la situation  du pays serait différente. Ou encore, en référence à la célèbre "Porcherie" des Bérus (joué tout de même quelques minutes plus tard), : « Ça fait bien longtemps que la jeunesse n’emmerde plus le Front National, elle vote pour lui maintenant » tellement vrai et terrifiant en même temps. Ces messages font évidemment mouche auprès du public. Public qui se déchaînera du début à la fin, les traditionnels pogos font pour une fois place à des danses et autres gavottes et danses bretonnes. Les chansons s'enchaîneront sans discontinuer et bien que les riffs et rythmes peuvent sembler répétitifs, on ne s'ennuie absolument pas, à part évidemment les personnes qui partent au fur et à mesure... Au bout de 2h15, le show est fini...mais non ! Loran, coutumier du fait, continuera à assurer, à capella, sans sono et donc juste avec son ampli, quinze minutes de chansons empruntées dans son répertoire punk, inarrêtable le Monsieur ! Un concert très festif et intense qui fait définitivement du bien !

Les Ramoneurs de Menhir, un concert rafraîchissant qui fait du bien ! 



A suivre...