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mercredi 1 juillet 2015

Live report : Hellfest 2015 (2éme partie 20/06)














Après une riche première journée, remplie de jolies surprises au niveau du site du festival et de ses décorations ainsi que de concerts de très grande qualité, il est temps de passer à la deuxième journée de la dixième édition du Hellfest 2015.
Néanmoins, comme lors des précédentes éditions, la deuxième journée se révèle une nouvelle fois être celle "intermédiaire" au niveau de l'état de forme des troupes mais aussi au niveau de la programmation. Réveille difficile, quelques courbatures, manque d'énergie globale, bref pas de quoi faire le fanfaron en ce samedi matin. Heureusement, personnellement, moins de groupes m'intéressaient sur la journée du samedi, de quoi au final se reposer un peu et profiter au maximum du magnifique espace qui nous est réservé.

Le toujours impressionnant Extreme Market.




C'est donc sur les coups de 13h que mon arrivée se fera sur le festival. Dommage j'avais coché quelques groupes à découvrir tels que Zuul FX, Providence ou encore Butcher Babies (pour la musique hein ?!) mais la chaleur et le soleil à leur zénith aura eu raison de ma bonne volonté. Après avoir fait un petit tour sur le supermarché des metalleux, l'Extreme Market, en arrivant, pour éviter de refaire une nouvelle fois la queue à l'entrée (petit défaut d'ailleurs), je vais directement franchir la case bar, nourriture et sous-bois pour attaquer cette deuxième journée. Cela se révèle d'ailleurs toujours aussi plaisant de pouvoir se poser aussi tranquillement, légèrement isolé du bruit, à part, à l'abri du soleil, tout en profitant de l'état d'esprit festif et du défilé de quelques énergumènes et leurs costumes ou déguisements impressionnants.


Mais trêve de repos, on est pas là que pour se reposer, il est déjà 16h30 et il est grand temps de se réveiller et de s'activer un peu. Direction la Warzone (décidément) pour aller observer les jeunes Rise Of The Northstar. Je n'aurai pas tellement pu choisir mieux pour me remettre d'aplomb ! Pour résumer, le rapcore des parisiens aura tout emporté sur son passage. L'énergie déployée est impressionnante, les membres bougent, sautent, arpentent la scène dans tous ses recoins et entraînent dans leur sillage l'intégralité de la fosse de la Warzone. Malgré un soleil de plomb et une chaleur écrasante, les aficionados s'en seront donnés à cœur joie, pogos, headbangings et autres slams, tout y passe : wouah ! La musique est lourde, les riffs, bien qu'assez répétitifs, ne sont pas ennuyeux et les changements de rythmes ainsi que les refrains sont ultra efficaces. Les nombreux breakdowns bien placés ajoutent encore un peu plus de puissance et d'intensité au set, brisant les lombaires cervicales sans sourciller. La voix, peut être un peu trop criarde à mon goût sur les parties "rappées" accroche pourtant bien à la musique proposée. On ne peut d'ailleurs pas reprocher un tel chant au vu du style proposé... Premier concert et première bonne découverte de la journée, une belle surprise d'un jeune groupe en devenir. Cela ne peut laisser présager que du bon pour les stars du néo metal américain à l'affiche le lendemain... On en reparlera...

Rise Of The Northstar, un jeune groupe prometteur.




Voilà à présent sur la Main Stage 1 le légendaire guitariste au haut de forme, Slash. Deuxième expérience live pour moi, après un premier passage en 2012 d'un artiste, ou plutôt d'un groupe, à voir au moins une fois dans sa vie. Musicalement impeccable, irréprochable au niveau du son, un set rempli de hits personnels mais aussi de reprises de quelques chansons phares des Gun's, qui auront fait chanter d'une seule voix les dizaines de milliers de metalleux devant la scène. Que dire de la prestation de Myles Kennedy ? Tout comme Slash, une prestation une nouvelle fois impressionnante de justesse, d'envie et de qualité. Que ce soit avec Alter Bridge (remember 2014) ou lorsqu'il tourne avec le guitar hero, il nous livre sa prestation à la perfection, avec une voix à faire pâlir d'envie l'Axl Rose des mauvais jours. Toujours très souriant et communicatif il se permet en plus d'être un leader de choix, faisant énormément participer le public. Une référence dans son domaine aujourd'hui ! Que dire également des solos du maître ? Rien en particulier tellement il arrive à nous captiver, lors de chaque performance, sans trop en faire. Mention spéciale à la magnifique guitare double manche electro acoustique et électrique, de toute beauté. On pourra seulement reprocher, pour les habitués de ses performances, le choix des mêmes reprises des Gun's, même si c'est toujours un grand plaisir d'entendre ces hymnes en live, hymnes qui sont d'ailleurs toujours très attendus. Enfin, cette dernière phrase est vraiment pour faire la fine bouche et trouver une once d'un reproche tant le concert de ce soir aura été accompli. Et puis, conclure un live par "Paradise City", sur une ovation digne de son nom qu'il aura amplement mérité, rien que ça, ça mérite le respect.

Le guitar hero Slash.




Tandis que la foule se désagrège en masse et quitte la fosse de la MS pour aller directement voir Body Count sur la Warzone, j'ai décidé plutôt de faire l'inverse, me doutant que le temps de rejoindre la Warzone et au vu de l'affluence attendue, assister au concert des Américains dans de bonnes conditions se révélerait sans doute compliqué. C'est donc avec les Anglais de Killing Joke que je poursuivrai ma soirée. Je me rappelle qu'en 2009, lors de mon baptême Hellfest, j'avais écouté d'une oreille distraite le groupe sans trop y accorder d'importance. Et au final, plusieurs chansons m'étaient restées dans la tête plusieurs semaines et mois après, au point où je m'étais procuré plusieurs albums par la suite. Une certaine attente personnelle existait donc pour la prestation du groupe. Avec une fosse à moitié remplie (c'est vraiment rare à cette heure...) le groupe phare et culte des 80's n'en aura absolument pas démérité. Une prestation, au vu des larges sourires affichés, pleine d'envie et surtout de qualité. Le son aura été une nouvelle fois excellent, retranscrivant parfaitement les ambiances punk/new wave/indus de la musique très percutante du combo. La voix si particulière de Jaz Coleman, si éraillée, aérienne, planante, résonne dans les têtes sans discontinuer; à tel point que les refrains seront scandés en chœur par les fans présents au premier rang. Jaz Coleman se révèlera être, une nouvelle fois, comme en 2009, un véritable phénomène, avec un jeu de scène dont lui seul a le secret. Un cracheur de feu se produira devant nous sur quelques chansons, pour ajouter un peu de magie et de divertissement au set, où les tubes et les chansons plus récentes ou rares du groupe se seront enchaînés. Un bien joli concert.

Killing Joke, le groupe culte des années 80.




A chaque édition, un concert dont on attendait pas grand chose se révélera être une claque. Et cette année, c'est le show de Faith No More qui aura cet honneur ! Groupe fraichement reformé, qui se fait très rare dans nos contrées et par conséquent très attendu par une majorité des festivaliers, j'avoue que j'étais au préalable plus attiré par curiosité devant la MS1, n'écoutant qu'à très petite dose le groupe. Et bien, je peux vous dire que depuis, j'écoute en boucle les albums du groupe, un très bon signe ! Premier choc au niveau visuel : le décor est sobrement et intégralement blanc, un énorme drap recouvrant le fond de la scène. Des gerbes (avec modération qu'ils disaient...) de fleurs apportant les touches de couleur. Alors, lorsque l'on découvre les cinq membres du groupe tout de blanc vêtus, parfaitement alignés, on se demande si l'on ne s'est pas trompé de festival. Et pourtant non, car l'hybride Faith No More au style si personnel et intemporel a plus que sa place ici. La musique, déjà débordante de créativité et extrêmement riche au niveau des albums, se révélera impressionnante en live. Les multi-instrumentistes, que sont les musiciens qui composent la troupe, jouent leur partition à merveille, bien aidé par un son aux petits oignons. Lorsque l'on ajoute à cela la formidable, majestueuse et si unique voix de Mike Patton, ainsi que son charisme, à faire devenir végétarien Hannibal Lecter, on obtient un set extraordinaire et saisissant. Les jeux de lumière très colorés complètent parfaitement la neutralité du décor et ajoutent une beauté visuelle au site qui tombe petit à petit dans la pénombre. La fraîcheur de la musique coïncide avec celle de la fin de journée, c'est beau. Mike Patton n'hésite pas à ajouter des touches d'humour et à jouer avec le public, en traduisant certains mots dans un français hasardeux, et même avec la sécurité, au moment où il échange sa chemise immaculée contre un t-shirt orange d'un membre de la sécurité, terriblement fun !  Un concert grandiose de très grande classe, qui marquera cette dixième édition du Hellfest.

Faith No More et son décor de cérémonie.




Dès la fin du show de Faith No More, la musique s'arrête net puis un grésillement se fait entendre... Les écrans géants s'allument sur un son lourd et sourd et des messages de remerciements accompagnés de quelques chiffres bilans défilent, qui vont finalement laisser place à un feu d'artifice grandiose, de quinze minutes !
Sur fond de "Thunderstuck" d'AC/DC, "Satellite 15" d'Iron Maiden, "Bohemian Rapsody" de Queen (les frissons en plus) et "South Of Heaven" de Slayer, les artifices s'enchaînent sans discontinuer, en accord parfait avec la musique, pour se conclure par un bouquet final monstrueux, grandiose et fantastique, au point de rendre ridicule la plupart des feux d'artifice du 14 juillet (d'ailleurs du coup je ne sais pas si j'irai en voir un cette année...). Merveilleux et largement à la hauteur de l'anniversaire !

Le monstrueux feu d'artifice d'anniversaire !




Quoi de mieux pour rester dans l'émerveillement que de prendre de la hauteur (dans le sens premier du terme) pendant un concert de Scorpions ? Tandis que l'an passé j'avais effectué un tour de grande roue pendant le set d'Iron Maiden, cette année, vu que Scorpions ne m'intéresse pas plus que ça, autant profiter de la nuit qui est tombée et de la très forte affluence pour apprécier le panorama de nuit. Et une nouvelle fois, ce fut magique ! Que c'est beau le Hellfest de nuit tout de même...!
A part ça, le peu que j'ai entendu du set de Scorpions, qui fête son cinquantième anniversaire tout de même, m'a prouvé que la musique du groupe, ce n'est pas que "Still Loving You", même s'ils l'auront forcément joué, mais du bon heavy metal de légende.

Scorpions et le fest vu de haut, c'est beau !




Après tant d'émerveillement, l'heure est déjà au dernier concert de cette deuxième journée de festival. Alors que mon cœur balançait entre Marilyn Manson et Biohazard, j'ai préféré au final privilégier le révérend, étant resté sur une impression fortement mitigé à l'occasion du Hellfest 2009. C'est donc le célèbre Marilyn Manson qui doit se charger de terminer les shows de la MS2. Autant le dire tout de suite, la prestation aura été une nouvelle fois très mitigée. Bien qu'aucun reproche n'ait pu être fait concernant la setlist, celle-ci faisant la part belle aux anciens morceaux phares du groupe tels que "Disposable Teen", "Tourniquet", "Rock Is Dead" ou encore la célèbre reprise "Sweet Dreams", ni au niveau du son qui était au rendez-vous et vraiment bon au niveau instrumental, c'est plutôt du côté de l'énergie et de l'envie du frontman qu'il y a à redire. Car les titres s'enchaînent dans un rythme incroyablement lent. Entre chaque chanson se passent d'interminables secondes de pause sans rien, pas de musique, pas de sample, pas de discours, rien ! Pourquoi ? Ces pauses interminables ont donc incroyablement fait tomber le rythme du concert et donnèrent franchement l'impression d'un manque de liant entre les chansons, même certains jeunes groupes amateurs font mieux... Alors certes, le sieur change de costume entre chaque chanson, mais pour rappel, ce n'est pas à un défilé de prêt à porter auquel on est venu assister. La communication fut quasiment inexistante et, dans ce cas, c'est l'énergie et l'enchaînement qui doit combler ce manque, ce ne sera absolument pas le cas ce soir...
Pourtant la foule était assez importante voire compacte au début du set, mettant retrouvé assez éloigné de la scène. Malheureusement, au fur et à mesure, les festivaliers quittèrent la zone, pleins de dépit, à tel point que j'ai pu facilement avancer jusqu'au premier quart de la fosse pour les dernières chansons, je n'avais encore jamais vu ça au Hellfest ! Bien que le concert de ce soir était le dernier de la tournée, la "star" était telle à ce point fatiguée ? Pourtant, les parties chantées n'ont pas été catastrophiques, loin de là, seules les parties chantées manquaient un peu de puissance au niveau du son. De plus les effets de lumière étaient simplement magnifiques. Une énigme donc sur les raisons de ce criant manque d'envie... La déception du festival !

Marilyn Manson meilleur en photo qu'en live...




Top 3 de la journée :
  • n°3 = Killing Joke (un set court mais sympathique)
  • n°2 = Slash (pour la légende et le set impeccable) 
  • n°1 = Faith No More (une claque visuelle et auditive)
Quand soudain, s'éleva les cornes du diable.



 
A suivre...



 

  




 

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