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mardi 23 février 2016

Quand des membres d'un groupe de metal Iranien risquent la peine de mort !













Si notre liberté d'expression est parfois attaquée par des extrémistes religieux, qui n'ont pour seul but que de semer la terreur dans nos contrées, chacun a le droit de s'exprimer comme il le veut, et notamment par l'intermédiaire de la musique. Le metal en Europe et en France, bien qu'une niche dans le monde musical d'aujourd'hui, tend à se démocratiser de plus en plus, à l'image du nombre de groupes qui officient dans le genre et à l'évolution des festivals qui leurs sont consacrés. Le metal, est un monde particulièrement vaste, tant dans les différents sous-genres existants, que dans les différents discours qui sont prônés, qu'ils soient dénonciateurs des dérives de la société, des religions etc, etc... Alors que chez nous, nous nous délectons tous les jours de nouveaux albums, de nouveaux concerts, de nouvelles annonces et de nouvelles découvertes de groupes de metal Français, Européens et internationaux, cette liberté n'est évidemment pas la même dans des pays moins ouverts sur la question et surtout, la plupart du temps, dans des pays où état et religion gouvernent ensemble... Ainsi, dans des pays tels que l'Arabie-Saoudite, l'Irak ou l'Iran, il paraît inconcevable que des groupes de metal puissent s'exprimer librement voire même exister, qu'ils soient anti-religieux ou non d'ailleurs ... Et pourtant, à l'heure d'Internet, certains prennent tout de même ce risque et osent fonder des groupes de metal, au péril de leur vie...


C'est ainsi, que des membres de Confess, groupe de groove/trash metal fondé il y a environ quatre ans en Iran, ont été arrêtés en novembre dernier et emprisonnés, pour avoir "joué du heavy metal, possédé leur propre label d'enregistrement indépendant et communiqué avec des stations de radio étrangères». Raisons qui peuvent nous sembler complètement folles ici. Les deux membres fondateurs du groupe, Nikan Khosravi «Siyanor» et Arash Ilkhani «Chemical», bien que remis en liberté sous caution depuis, sont finalement accusés de "propagande contre le régime, création d'un groupe et d'un label illégal du genre musical satanique metal et rock, propos antireligieux, athéistes et anarchistes, interview avec des radios étrangères et blasphème» et risquent, s'ils sont reconnus coupables au cours du procès, d'encourir entre six mois et six ans maximum de prison ferme pour le premier chef d'accusation, mais aussi et surtout, ils risquent la peine de mort pour blasphème ! 
En attendant le procès, le groupe a pour interdiction de poursuivre son activité, de s'exprimer publiquement (c'est un ami du groupe qui a partagé l'information sur le site canadien Metal Nation Radio) et les musiciens ne peuvent pas non plus aller sur Internet, consulter leurs mails ou leur compte Facebook, qui ont été placés sous contrôle judiciaire...











Une bien triste affaire donc... Tout ceci, nous rappel un reportage de 2012 de Canal+, à l'occasion de l'émission "Ne dites pas à ma mère...", sur un groupe de Death Metal en Irak. Diego Bunuel, célèbre journaliste et réalisateur de "Les Nouveaux Explorateurs", nous emmenait à Bagdad, à la découverte "de tortionnaires de la musique", ou plutôt deux groupes de death metal que sont Brutal Impact et Dog Faced Corpse. Ce reportage nous explique la vie de jeunes Irakiens qui aiment et font du metal et les risques qu'ils prennent , chaque jour, à porter les codes vestimentaires du genre et surtout à en jouer. Même si de légers clichés et la méconnaissance du journaliste peuvent frapper les amateurs du genre, ce reportage reste une belle leçon de passion, d'humilité, de tolérance (ce que nous connaissons et aimons tous dans le metal) mais aussi de volonté de résistance et de liberté d'expression.
Dans le même genre, le blog Noisey Vice a proposé, il y a à peine un an de cela, une interview très intéressante du groupe Al-Namrood ("non-croyant" pour la traduction), le groupe de black metal d'Arabie-Saoudite, le seul reconnu aujourd'hui. Un groupe anti-religieux qui, vous l'aurez compris, encourt également de gros risques à créer, jouer, enregistrer, bref à essayer de vivre de sa passion de la musique metal. Les membres sont d'ailleurs obligés de garder l'anonymat et de ne surtout pas donner de concert dans leur pays, pour ne pas être condamné au même sort que Confess... Absolument dingue !
Dans la suite, quelques petits extraits des groupes mentionnés (pas toujours de très bonne qualité, vous en comprendrez facilement les raisons...)















Une pétition a été créée sur le net pour soutenir Confess. Si vous hésitez à signer la pétition, n'hésitez par contre pas à partager l'article et les informations sur le groupe autour de vous. La communauté metal peut montrer sa solidarité en toute liberté, elle...! Army Of Headbangers soutient tous ces groupes sans exception.  












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