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mercredi 13 avril 2016

Live report : Machine Head, la Coopérative de Mai - Clermont-Ferrand, 19/03/2016













Après le rendez-vous manqué du 15 février dernier, qui a vu l'annulation du show des Américains après cinq chansons seulement, suite à l'incapacité de son leader et chanteur, Robb Flynn, de pouvoir assurer convenablement ses parties vocales liée à une extinction de voix, le concert a été reporté à une date ultérieure. En cause une mauvaise et méchante bronchite agrémentée d'une infection à la gorge pour le frontman, une annulation compréhensible en somme... Autant dire que le public Clermontois était évidemment chaud bouillant, en ce 19 mars, pour accueillir pour la deuxième fois Machine Head, dans son antre de la Coopérative de Mai, pour la dernière date de la tournée du groupe...


"An evening with Machine Head", outre l'annonce d'un show d'un groupe particulièrement aimé et reconnu dans nos contrées, permet également d'annoncer un show rallongé, sans première partie, seulement en présence d'un des leaders du metal moderne, presque en intimité. A peine le temps d'arriver dans la salle et de monter pour déposer mon petit manteau au vestiaire (oh ça va, il fait froid l'hiver dans le Puy de Dôme...) que déjà les premières notes de l'intro retentissent, presque dix minutes avant l'heure d'ailleurs. La salle dans sa configuration maximale, bien entendu très bien remplie voire comble en milieu et fin de show (plus de 2000 metalleux de la France entière tout de même), est plus que prête. Première observation : la setlist, ou en tout cas la première chanson, a été modifiée par rapport à celle du concert avorté du mois précédent, belle surprise ! C'est donc sur l'excellente "Clenching The Fists Of Dissent", parfaite pour une ouverture de show, avec sa magnifique introduction à la guitare acoustique et sa montée en puissance dantesque, que s'ouvrira cette soirée ! Le pit explose déjà lorsque le milieu de la chanson et son ralentissement suivi de sa montée en caisse claire, de ses solos épiques puis de son chant en chœur ("fight", "fight", "fight" scandé par toute la fosse, ça donne des frissons), pour un final qui alterne entre riffs épiques et riffs lourds parfaitement diaboliques; c'est déjà impressionnant ! Alors, lorsque l'enchaînement se fait avec "Beautiful Mourning" puis la plus qu'attendue "Now We Die" (chanson de l'année 2014) avec son refrain qui sera scandé par toute la salle et où des milliers de têtes headbanguent sur le break ravageur, l'on peut être sur que cette soirée va être grandiose !


Petite appréhension personnelle et probablement ressentie par d'autres, lorsque la fin de "Locust" approche... En effet, c'est à cet instant précis que la scène s'était subitement rallumée après un long silence, en février, pour nous annoncer l'arrêt du show ! Mais cette fois, le groupe est plus qu'en forme, bouillant, rempli d'énergie et prêt à tout donner pour son public. Le son est énorme, très puissant et compact au niveau de la batterie et de la basse avec tout de même un léger retrait au niveau des guitares, surtout lorsqu'une seule d'entre elles réalise un solo ou joue en arpèges. Rien de bien méchant néanmoins. La scène est visuellement très jolie, largement agrémentée, sur toute sa longueur, de magnifiques backgrounds rouge et noir, à l'image du visuel de l'édition collector de l'énorme dernier album "Bloodstone & Diamonds" (album de l'année 2014). Et que dire de cet imposant backdrop derrière la batterie avec le très reconnaissable logo du groupe, éclairé de diverses couleurs au fur et à mesure des chansons ? Magnifique, tout simplement. L'omniprésence de ces visuels nous rappellent évidemment l'origine de notre venue et crée un univers encore plus personnalisé. Les jeux de lumières, aux petits oignons, ajoutent un plus indéniable au show, hyperactifs dans les passages rapides et très fournis et unis lors des parties plus calmes et aériennes. On sent le professionnalisme et l'expérience de la troupe, c'est préparé, c'est carré, rien n'est laissé au hasard, et ça se voit !
Le jeu de scène est parfaitement rodé, Robb harangue la foule comme un beau diable, tous les membres se donnent à fond et suent à grosse goutte entre deux poses typiques lors des solos où leur alternance sera d'ailleurs témoin d'une belle complémentarité entre les deux guitaristes. Seul le déficit de changement de position scénique guitariste/bassiste manquera aux fans présents sur les côtés de la fosse, ce qui me fera observer de près, quasiment exclusivement, la prestation de Jared MacEachern, le bassiste.




Tous les albums seront représentés dans la setlist avec beaucoup de réussite d'ailleurs, car même les chansons plus néo, accessibles, ou en tout cas bien moins épiques, de "The Burning Red" telles que "From This Day" ou "The Blood, The Sweat, The Tears" passent plutôt bien et sont très bien accueillies. C'est d'ailleurs à cet instant que l'on réalise, qu'en presque 25 ans de carrière, rempli de (beaucoup de) hauts et de bas, le groupe a quand même été à l'initiative d'un sacré paquet de tubes, d'hymnes, dont la connaissance est évidemment indispensable pour tout amateur de metal qui se doit. Après un solo de guitare et de jeu avec le public de Phil Dummel, avec un son plutôt bizarroïde (où l'on cherche encore son intérêt d'ailleurs), Robb arrive seul sur scène, avec une guitare acoustique au dessus de la légendaire Flying V. Le frontman nous déclare sa flamme pendant un long moment, s'excusant une nouvelle fois d'avoir annulé le concert précédent dans de telles circonstances, remerciant ses fans ainsi que l'ensemble du public, d'avoir fait le déplacement une deuxième fois, tout ceci en grattant quelques notes de l'introduction acoustique de la magnifique "Darkness Within", avant l'explosion sonore en guise de conclusion. Lorsque arrive un moment de communion très intense quand l'ensemble de la foule reprend la mélodie finale en chœur, à tue tête, pendant une bonne minute et à cappella s'il vous plaît ! De quoi amener de l'émotion et des frissons supplémentaires, à l'assistance, mais aussi au groupe qui semble vraiment impressionné. Nouveau break avec cette fois Dave McClain qui y va de son solo de batterie, bien plus inspiré et impressionnant que celui de son compère, puis nouvel enchaînement avec les rouleaux compresseurs "Bulldozer" (qui porte bien son nom), "Killers & Kings" et la terriblement efficace "Davidian". Autant vous dire que la fosse, déjà particulièrement déchaînée jusque-là, retourne tout sur son passage, circle-pit et pogos se multipliant à la folie sur ces trois chansons.



22h vient de passer, cela fait déjà plus d'1h30 de show et 14 titres qui viennent de s'écouler, comment va faire le groupe pour tenir ce rythme pendant encore 1h, sans faiblir et faire tomber la belle énergie de son public ? Tout simplement en continuant d'enchaîner les tubes les uns après les autres. Après une petite pause plus que méritée, le premier rappel arrive. Ambiance mystique, avec à nouveau une introduction à la guitare acoustique, pour la sombre et lourde "Sail Into The Black", que je n'aurai d'ailleurs pas cru aussi impressionnante en live. S'ensuit la lancinante et puissante "Now I Lay Thee Down" suivit de la magistrale "Imperium" et son final épique, chanson qui avait ouvert le mini concert de février, où la beauté et la précision des lights atteindra son paroxysme. Nouvelle petite pause puis deuxième rappel qui sera synonyme de conclusion de cette soirée dantesque... Et quelle conclusion ! "Aesthetics Of Hate" ouvrira le bal, avec son introduction et son riff au son caractéristique, malheureusement légèrement gâchée par un problème de son ou d'accordage, qui verra d'ailleurs un changement de guitare et Robb commencer avec le micro à la main, ce n'est pas courant. Enfin, l'enchaînement parfait s'annonce, puisque c'est "Game Over", son ambiance si riche et son chant qui traverse différentes émotions, puis "Old" qui fera jumper une bonne majorité du pit et enfin "Halo" qui viendront à la suite pour un final gigantesque. La participation du public atteindra son niveau maximal, accompagnée de jets de fumigènes en introduction et de l'utilisation de canon à confettis sur sa conclusion, pour parfaire une soirée extrêmement riche et nous mettre, en plus des hymnes plein les oreilles, des étoiles plein les yeux...


Un concert de 2h40 vient déjà de se conclure, ce formidable show, qui nous aura permis de profiter au maximum du groupe, est passé à une vitesse totalement folle. Les musiciens, après les traditionnels envois de goodies (jusqu'au bout de la salle pour les baguettes), mettra un long moment à quitter la scène, notamment Robb, qui semble vouloir encore profiter de son public pendant de longues minutes, en continuant de l'haranguer et de jouer avec lui. Une soirée mémorable qui restera sans aucun doute gravé dans la mémoire des 2000 metalleux présents ce soir, sans aucun souci. L'idée d'assister à un show rallongé d'un seul groupe, sans première partie, aura été très bonne, surtout pour un groupe de la trempe de Machine Fuckin' Head ! Une de mes meilleures expériences live vient de se réaliser, incontestablement ! \m/


Setlist :

Clenching the Fists of Dissent
Beautiful Mourning
Now We Die
Take My Scars
Locust
From This Day
Ten Ton Hammer
This Is the End
Left Unfinished
The Blood, the Sweat, the Tears
Guitar Solo
Darkness Within
Drum Solo
Bulldozer
Killers & Kings
Davidian

Sail Into the Black
Now I Lay Thee Down
Imperium

Aesthetics of Hate
Game Over
Old
Halo










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