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samedi 21 mai 2016

Live report : Metal Culture(s) VI (1ére partie 05/05/16)
















Deuxième rendez-vous personnel, après l'excellente édition de l'année passée (pour rappel : partie 1, 2, 3 du live-report), avec le Festival Metal Culture(s) de Guéret, pour sa sixième édition cette année. Festival de metal pluri-disciplinaire qui se veut également multi-genre, le festival a énormément progressé au niveau de la qualité de son affiche et des manifestations proposées, depuis ses débuts en 2011. Jugez plutôt : treize groupes français et européens, treize genres différents représentés, cinq expositions, un ciné-concert, projections de film et court-métrages, apéros-concerts, conférence et diverses lectures... Un programme une nouvelle fois particulièrement riche s'annonce sur ces trois jours de festival !






Tout comme l'an passé, c'est à la salle de théâtre La Fabrique que débute le festival, pour  un ciné-concert avec le groupe Fa'ciné. Ce soir, il s'agira du film "Le Cuirassé Potemkine", classique du cinéma soviétique des années 20. Considéré comme l'un des plus grands films de propagande de tous les temps, il traite de la mutinerie du cuirassé Potemkine dans le port d’Odessa pendant la Révolution Russe de 1905 et de l’insurrection et de la répression qui s’ensuivirent dans la ville. Pour accompagner les images de révolte et de violence, les Limougeauds, spécialistes du genre, jouent un rock aux accents sludge, metal, avec des passages jazzy agrémentés de passages ambiants. Un joli décalage avec les images en somme, mais une musique parfaitement calée au rythme du film. Ne connaissant pas au préalable la musique proposée par le trio, il m'aura été plutôt facile d'entrer dans le film (notamment par rapport au ciné-concert de l'an passé de Radium Valley). Une expérience très intéressante finalement, qui a du demander des heures de préparation au groupe pour être aussi bien calé.

Un concert sur un film de propagande Soviétique ? Et oui, c'est possible !




Après cette heure de ciné-concert, direction la Chapelle de la Providence, pour lancer les hostilités au niveau des concerts "classiques". Malheureusement, le ciné-concert ayant commencé avec du retard et le temps de se déplacer et d'entrer, je n'aurai pu assister qu'à une dizaine de minutes du concert de Death Cult. Et c'est bien dommage, car le jeune combo, également originaire de Limoges, a l'air de proposer une musique terriblement efficace, basée sur des ambiances très lourdes. Les riffs sont lents, lancinants et graves, ce qui crée une ambiance très froide, sombre et pesante. Puis l'enchaînement se fait avec des rythmiques en deux temps avec un jeu de batterie particulièrement puissant. La voix est également puissante et constamment criée, elle colle parfaitement au post/hardcore aux relents de black/death et sludge, rien que ça ! Vraiment dommage de n'avoir pas pu en voir plus...

Le jeune groupe Death Cult.




Place désormais au concert que j'attendais avec le plus d'impatience : Hypno5e. Hypno5e fait désormais parti des références dans le paysage metal français, au point où les Montpelliérains en deviennent incontournables aujourd'hui. Après les avoir vu en première partie de Gojira en 2013, alors que je venais de découvrir le groupe, et après les avoir seulement aperçu au Hellfest 2015, et tandis que leur dernier chef d'oeuvre vient de sortir, mon attente était donc particulièrement immense vis à vis de leur prestation du soir. Autant le dire tout de suite, je n'ai pas été déçu, et sans doute personne dans l'assistance non plus. Si vous connaissez musicalement le groupe, vous ne pouvez absolument pas éprouver la moindre déception en live. L'univers si particulier, intense et riche du combo est parfaitement retranscrit sur scène. La puissance des riffs et des lignes rythmiques, déstructurées, ainsi que la beauté des mélodies sur les passages plus calmes, en sont mêmes décuplées ! Le quatuor donne absolument tout ce qu'il a, bougeant, sautant, vivant sa musique au plus profond de lui, que c'est beau à voir. Les jeux de lumières, tantôt intimistes et froids, tantôt hyper-actifs et chauds, aux moments opportuns bien entendu, subliment évidemment le tout. Les musiciens auront pioché dans l'intégralité de leur discographie sans temps mort et avec beaucoup de brio. Une prestation très intense, tout bonnement fantastique, enveloppée de colère, de beauté et de mélancolie, qui aura embarqué les quelques 300 présents, pendant ces cinquante minutes bien trop courtes... Magnifique tout simplement !

Hypno5e, aussi bon en live qu'en studio !




Le dernier concert de la soirée s'annonce déjà, et il sera surement difficile de passer derrière un tel raz de marée... Le départ d'une bonne partie des metalleux présents en est d'ailleurs la preuve. The Ocean, débarque donc sur scène pour clôturer cette première soirée, avec un public clairsemé. Gros changement d'ambiance et d'ambiances, puisque les Allemands nous proposent du metalcore/postcore aux accents sludge. Le groupe s'inspire véritablement très bien de son nom notamment en incorporant des interludes avec des samples d'eau mais aussi des images, souvent portées sur le monde marin, qui défilent sur le backdrop derrière la batterie, au rythme de la musique et des jeux de lumière très appropriés. Le son et les riffs sont lourds et puissants et l'on bascule régulièrement entre passages aériens, planants et rassurants et passages plus furieux, rentre-dedans et sombres qui nous rappellent parfois Mastodon dans leur construction. La voix de Loïc Rossetti, chanteur Suisse de la bande, est tout bonnement impressionnante, très juste sur les parties claires et très puissante, rocailleuse, sur les parties hurlées/grawlées. Malheureusement, l'attente régulière entre les morceaux, bien qu'entrecoupée d'interludes et de samples d'ambiance, coupe un peu le rythme de la prestation et par conséquent l'énergie du public. C'est à cet instant, où l'énergie était bien retombée, que le chanteur décidera de monter sur la balustrade de la chapelle, pourtant assez haut perchée, pour sauter dans le public : fou ! Cela aura bien entendu pour conséquence de réveiller le public qui donnera tout ce qu'il lui reste jusqu'à la fin de ce set de qualité. Une bonne découverte au final pour un groupe qu'il faut absolument écouter.

Plongé dans l'univers de The Ocean.




La première soirée à présent terminée, d'excellentes prestations l'auront égayée : une expérience ciné-concert captivante, une claque musicale et visuelle et une découverte en bonne et due forme ! Il est temps de patienter et d'attendre la deuxième soirée, qui s'annonce tout aussi riche.
A suivre...


La désormais célèbre Chapelle de la Providence.











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