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mercredi 25 mai 2016

Live report : Metal Culture(s) VI (2éme partie 06/05/16)
















Suite à une première soirée du festival Metal Culture(s) VI, qui nous aura fait découvrir un ciné-concert sympa ainsi que des concerts de haute-volée, il est temps de passer à la deuxième soirée de festival. Au programme aujourd'hui, x-trem ciné avec le film Deathgasm et des court-métrages, apéro concert et bien sur performances à la Chapelle, haut lieu de la culture metal creusoise.


A peine le temps d'arriver à la chapelle, que la prestation de Myciaa a déjà commencée. Duo de jeunes Limougeauds (décidément !) que j'avais déjà eu l'occasion de voir en ces mêmes lieux, en première partie du concert de Biohazard en 2013, excusez du peu ! Pas d'effet de surprise à prévoir donc, à part sur le fait que le groupe ne joue toujours pas sur scène, préférant jouer directement dans la fosse, à côté de l'entrée, ce qui limitera au final les mouvements du public, qui seront pour le coup inexistants... Dommage car la violence, le déferlement de haine et l'énergie étaient pourtant au rendez-vous. Myciaa, c'est un guitariste/chanteur, une bassiste/chanteuse qui joue aussi du clavier, une boîte à rythme violente et des beats electro et hardcore. Tout ceci agrémenté d'images violentes qui défilent en arrière plan, sur de multiples écrans, pour de l'electro/punk/hardcore ultra violent. L'énergie et la haine dans les cris de la chanteuse sont tout simplement impressionnants et surprenants. Seuls quelques soucis de son se présenteront en fin de set, mais ils ne viendront pourtant pas entacher la prestation dans son ensemble. Pour les amateurs de punk et d'hardcore, penchez-vous sur le cas Myciaa, il y a du talent à revendre, la tournée en Europe et en Asie qui s'annonce en est la preuve !

Le duo Myciaa toujours énergique ! 




Le festival se voulant multi-genre, il ne faut pas avoir peur de naviguer entre plusieurs ambiances. Ainsi, ce sont les Brésiliens de Kamala et leur death metal, qui prennent la suite. Les riffs sont destructeurs, précis, alternant entre rapidité et lourdeur bestiale, les rythmiques suivant dans une efficacité redoutable. Le groupe ajoute en plus de cela des ambiances orientales et tribales qui ne sont pas sans rappeler Sepultura. Les musiciens, apportant par ailleurs tous une contribution au chant, donnent tout sur scène, ils headbanguent, haranguent la foule et vivent leur musique intensément. L'envie et la reconnaissance d'être présent à l'affiche et d'avoir autant de metalleux en face d'eux s'afficheront visiblement sur les visages du trio. Le pit qui avait déjà montré une belle énergie et une intense participation lors de la première soirée, démultipliera les pogos, circle-pit et autres wall of death, répondant à la perfection aux appels du combo. Le chanteur et guitariste n'hésitera d'ailleurs pas, pour augmenter encore plus la fièvre et la chaleur de la chapelle, à descendre au milieu de la fosse lors de la dernière chanson, pour effectuer un circle-pit avec le public tout en continuant à jouer... Puis, il enchaîne avec un solo parfait pendant qu'une bonne dizaine de furieux tournent autour, moment toujours sympa à vivre! Vous l'aurez compris, Kamala aura proposé un show intense qui aura marqué les esprits et parfaitement préparé les adeptes pour les concerts à suivre...

Serait-ce un circle-pit autour du guitariste de Kamala ?




Après une telle intensité, une bonne bière se mérite pour se remettre de nos émotions. C'est au tour de Sofy Major, originaire de Clermont-Ferrand, de monter sur scène. Nous voilà cette fois plongés dans le désert aride des Etats-Unis. Le son est plus sale, gras, boueux, crasseux, ou tout autres synonymes d'ailleurs, les riffs et rythmes sont plus répétitifs et entêtants, il se pourrait bien que l'on ait affaire à du sludge aux accents stoner et noise. Ce qui marque d'emblée réside dans la qualité sonore. Chaque instrument est parfaitement à sa place. La basse ronronne à la perfection, la guitare est lourde et la batterie puissante. La voix l'est également, en plus d'être terriblement enraillée, elle correspond évidemment parfaitement au style et impressionne. Tantôt lentes, tantôt plus rapides, les chansons naviguent sans cesse entre les styles, sans pour autant perdre en efficacité, bien au contraire. Evidemment, il ne faut pas s'attendre à des pogos dans tous les sens, le genre ne s'y prêtant pas. Mais l'assistance, parfaitement concentrée, vit le concert avec beaucoup d'attention. Le groupe, bien qu'ayant dix ans d'existence, impressionne par son efficacité et sa qualité, digne des plus grands de la scène américaine. Un groupe à absolument écouter pour les fans du genre, à découvrir pour les non initiés mais surtout à aller voir sur scène !

Ambiance désert américain pour Sofy Major.




Il est temps de passer à présent à la tête d'affiche de la soirée : Mass Hysteria ! Mon intérêt vis à vis du groupe est très cyclique. Écoutes en boucle puis longs moments de quasi désintérêt s'alternent, comme en 2013 où je n'avais quasiment plus écouté le groupe depuis presque dix ans, avant ce live des 20 ans mémorable. Et bien, une nouvelle fois, personne n'aura pu être déçu ! Le neo/indus/metal, du groupe, assez basique dans sa construction, mais extrêmement accrocheur et fédérateur, révèle tout son intérêt en live. Les riffs et mélodies sont efficaces, l'énergie ultra communicative est débordante et le son est toujours très bien équilibré entre basse, rythmique, mélodie, chant et samples. Fort de ce constat, le combo a puisé dans une bonne partie de sa discographie et de ses hymnes live, pour nous ce soir.  La fosse, chauffée à blanc lors des concerts précédents, n'attendait que ça pour littéralement exploser ! Pogos, slams, circle-pit, wall of death, tout y passe sans discontinuer, jusqu'à cette scène folle, lorsque l'ensemble des musiciens (à l'exception du batteur bien entendu) descend au milieu des furieux présents pour jouer à l'intérieur d'un circle-pit, sur "P4", bien entendu ! Le discours toujours engagé et très positif de Mouss, scandé, fait beaucoup de bien à entendre en ces temps compliqués, très rafraîchissant. L'emploi de canons à fumigènes autour de la batterie ajoutera une touche encore plus impressionnante à la prestation du groupe, la perfection tout simplement ! Alors, que je signalais, il y a peu, que le dernier opus du combo "Matière Noire", faisait parti des albums que je n'avais pas assez écouté, l'efficacité de toutes les chansons qui auront été interprétées ce soir, me fait désormais écouter l'album plus régulièrement... comme la dernière fois finalement ! C'est ça l'effet Mass Hysteria !  

Des filles sur scène ? Mass Hysteria est bien là ! 




Dernier concert de la soirée et ultime gros changement d'ambiance. Quel dommage, une nouvelle fois, que pas mal de forces en présence aient quitté la salle... Arrive sur scène Déluge, groupe qui m'est totalement inconnu car très jeune groupe, fondé en 2013. Ici, plus de place à la fête, aux discours positifs, la musique proposée correspond parfaitement au nom du combo : sombre et violente ! Pour résumer très sommairement l'univers du black metal/post hardcore des Lorrains : ça joue vite, ça joue fort et ça joue grave. Les blast-beats sont incroyables et frénétiques, les riffs ultra rapides et les hurlements, en français s'il vous plaît, violents. Caractéristiques du black metal me direz-vous ? Et bien pas seulement ! Car des passages plus atmosphériques, avec arpèges, chœurs, appuyés par des samples d'orage, de pluie ou de pianos, viennent s'intercaler entre les passages destructeurs, aux riffs parfois dissonants, et c'est ça qui fait la subtilité de la musique proposée. Cette alternance entre la colère très froide et la tristesse et mélancolie parfaitement maîtrisée, nous fait ressentir différentes émotions très diversifiées, à l'image de la richesse musicale. Tout est chaos, désolation, désespoir, et ce ne sont pas les jeux de lumière qui casseront l'ambiance. Ils seront froids, presque absents sur les passages aériens, puis hyperactifs, avec les stroboscopes sur les blast-beats, pour nous permettre de vivre intensément la musique proposée. Vous l'aurez facilement deviné : une véritable baffe visuelle et avant tout sonore vient de nous être envoyée, pour un groupe au talent immense et à l'identité bien marquée, qui va faire beaucoup parler de lui, assurément !

Déluge, une expérience unique. 




C'est sur une performance dense en émotions que cette deuxième soirée du Metal Culture(s) VI se clôture, une nouvelle soirée particulièrement riche en qualité, en diversité et en contenu, tout comme la première finalement. La troisième et dernière soirée est donc particulièrement attendu par les metalheads...
A suivre...  

Santé !











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