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dimanche 29 mai 2016

Live report : Metal Culture(s) VI (dernière partie 07/05/16)
















La troisième soirée du Metal Culture(s) VI est déjà là ! Les deux premières auront été extrêmement bien réussies, au niveau de l'organisation mais aussi de la qualité des concerts. Au programme de cette dernière journée : apéro concert, lectures (de nouvelles de Lovecraft), conférence (Guerre, Histoire et Metal par David Glomot) et bien entendu concerts à la chapelle.


L'ouverture de cette dernière soirée de shows sera assurée par Drakwald, jeune groupe qui nous vient de Tours. Le quatuor nous propose du death/folk metal (ou pagan selon ce que vous préférez), parfait pour mettre de bonne humeur et en jambe l'assistance. La musique est efficace, énergique, et surtout très épique ! Les riffs sont acérés, lourds, les rythmiques varient entre passages en deux temps et tempos plus lents. La voix est puissante sur les passages grawlés et diversifiée car alternée avec des passages criés plus aiguës et des passages en voix claire, qui seront malheureusement légèrement limités au niveau du volume. Une belle variété pour un seul chanteur, qui apporte une réelle diversité à la musique. L'apport de la cornemuse et des différentes flûtes ajoute un plus indéniable et une touche traditionnelle intéressante au death proposé. Le combo nous dévoilera, en avant première, des extraits de son second album qui sortira deux jours plus tard. Le jeu scénique et les lights, très harmonisés, nous montrent que le combo, malgré sa récente formation (2010) maîtrise vraiment bien cet exercice. Un bon concert, très festif, qui aura réussi à facilement faire voyager les amateurs du genre et à dynamiser le public, une belle entrée en matière en somme !

Drakwald, excellent jeune groupe de pagan metal.




Gros changement de registre avec l'arrivée d'Hangman's Chair. Pas de place à la rigolade avec le doom/sludge des Parisiens. Le registre de la musique proposée n'est bien sur pas sujet aux festivités, mais l'on ne peut certainement pas s'attendre à l'avance à de telles ambiances. L'opposition entre musique très lente, froide, sombre, mais surtout très grave et la voix claire si pure, mélodieuse et aiguë, crée une ambiance particulière, propre au groupe. La voix de Cedric Toufouti, aux faux airs de Tom Araya, au niveau du physique, magnifie le tout, tantôt mélancolique, tantôt rassurante, elle fait traverser différents sentiments, comme pour les compositions au final. Car une ambiance malsaine, presque glauque, s'installe à l'écoute de la musique, qui ne met vraiment pas en confiance l'auditoire lors des accords mais qui arrive tout de même à le transporter sur les parties jouées en arpèges, qui sont beaucoup plus mélodieuses et planantes. Les jeux de lumières, évidemment très froids et lents, accompagnent à la perfection le show. La richesse des compositions est tout simplement impressionnante, ne se reposant jamais sur un même riff et nous faisant sans cesse naviguer entre terrible désespoir et espérance salvatrice. Une expérience très enrichissante à vivre pour une prestation de grande qualité.


Bienvenue dans l'esprit torturé d'Hangman's Chair. 




Petit tour par la restauration, de quoi se remplir l'estomac et profiter un peu de l'air frais et de la météo plutôt clémente, que l'on a déjà un aperçu de la brutalité qui se déverse dans la chapelle. S'il y a un groupe qui avait l'air particulièrement attendu ce soir, c'est bien Benighted ! La fosse s'est d'ailleurs incroyablement densifiée pour assister au show des Stéphanois. Groupe de brutal death metal/grindcore, qui a déjà presque 20 ans de carrière et sept albums au compteur, autant dire que l'expérience est de mise. Je vous rappelle que le brutal death metal n'est pas forcément ma tasse de thé, néanmoins, celui joué par Benighted, bien que particulièrement violent, direct et brutal est également varié. Certaines chansons sont ainsi plus lentes et deviennent une véritable incitation au headbang. Les riffs restent néanmoins, la plupart du temps, ultras rapides, l'intensité du jeu de batterie monstrueuse et la voix de Julien Truchan, évidemment impressionnante d'intensité. L'alternance cris, passages gutturaux et grunt est renversante. Même si l'on est pas ultra fan du genre, on ne peut qu'être impressionnés par la rapidité des musiciens, leur technicité et surtout leur endurance ! Le public, sur-excité, n'attendait que ça pour déployer son énergie, toute la panoplie y sera passée : circle-pit, pogos, wall of death, il reprendra même en chœur les paroles des chansons, ce qui impressionnera le groupe. Probablement le meilleur accueil du festival, avec Mass Hysteria la veille.


Benighted aura reçu un des meilleurs accueils du festival ! 




Quoi qu'en pensent leurs plus féroces détracteurs, Eths fait partie des groupes les plus renommés en France. Leur présence en tête d'affiche du festival le démontre. Néanmoins, après le raz-de-marée Benighted, la fosse s'est quelque peu clairsemée. Après les très (trop?) nombreux changements de line-up ces quatre dernières années - le combo nous présentant encore une fois un nouveau batteur (différent du dernier album) - autant dire que le groupe est, une nouvelle fois, attendu au tournant. Il y a quelque chose que je n'ai encore pas réussi à expliquer : pourquoi n'ai-je absolument pas réussi à entrer dans le concert ? Est-ce ces foutus bouchons d'oreille qui ont bien trop amplifié les basses, déjà omniprésentes ? Est-ce ce manque de puissance dans le son de la guitare et des parties en chant clair (déjà signalé lors du dernier Hellfest...) ? Est-ce le trop haut niveau sonore des samples ? Est-ce justement ces trop nombreux changements de line-up qui ont altéré la cohésion musicale et la synchronisation du groupe en live ? Est-ce les temps morts entre les chansons qui ont cassé le rythme ? Pourtant, tout était réuni pour assister à un excellent concert : Rachel, la chanteuse, qui devient de plus en plus à l'aise avec le jeu de scène et par la même de plus en plus charismatique, un dernier opus tout frais, rempli d'ambiances très riches et variées, une bonne représentation de l'ensemble de la discographie et des tubes qui les représentent, et enfin des lights show très appropriés et variés. Mais quelque chose manquait ce soir, peut-être que ce "problème" de son, qui a été atténué lorsque j'ai enlevé ces daubes de bouchons (le choix est difficile d'ailleurs à ce sujet...), pourrait être réglé avec l'apport d'un deuxième guitariste en live. Dommage, car le groupe nous a montré beaucoup d'envie, au contraire d'une partie du public qui aura déserté les lieux en plein set... Les fans étaient pourtant chauds comme il se doit, moi aussi d'ailleurs...

Eths et sa chanteuse au jeu de scène qui s'est étoffé.




Et voilà, nous sommes à présent arrivés au concert de clôture de cette excellente sixième édition du Metal Culture(s). A l'inverse de l'édition de l'année passée, c'est par un concert rempli de poésie que nous allons conclure. My Sleeping Karma a donc cette tâche à accomplir. Dès l'entrée sur scène des quatre artistes, on se dit que l'on va vivre quelque chose de spécial, l'accolade en cercle entre les quatre acolytes, pour se concentrer, en plein milieu de la scène, toutes lumières allumées, en est la preuve. Chacun prend sa place derrière son instrument et quelques accords de guitares en sons clairs démarrent. Puis, la magie opère. Le son est pur, les rythmiques lentes entraînantes et entêtantes. La particularité du stoner/psyché des Allemands réside dans le fait qu'il est seulement instrumental, aucun chant à l'horizon et surtout enrichi de sonorités hindoues. D'apparence simplistes, les compositions sont pourtant très variées et l'intensité qui monte crescendo - jusqu'à proposer des passages de pur rock - arrivent à nous transporter dans des contrées lointaines. Chaque musicien joue sa partition à la perfection et chacun joue une partie qui lui est propre. Le bassiste n'est par exemple pas simplement là pour appuyer le rythme, il joue une réelle mélodie qui enrichit le tout, sublimée par un son très envoûtant. Le clavier électronique, qui permet d'accompagner la musique par des sonorités très mystiques, aériennes, planantes et savamment dosées, subliment encore un peu plus l'univers du quatuor. L'écran en backdrop, qui diffuse des images psychédéliques, sur des lumières chaleureuses, nous emmène encore un peu plus loin dans notre voyage. Les sourires qui s'afficheront sur le visage du combo font plaisir à voir, on sent que le groupe prend énormément de plaisir à jouer ensemble, ils vivent d'ailleurs leur musique plus qu'intensément. Les très nombreux et très sincères remerciements du groupe (en Français s'il vous plaît) ne peuvent être que réciproques. My Sleeping Karma nous fait nous sentir bien, en paix, nous remplit d'émotions positives, c'est bien ça le plus marquant. Une expérience unique, une claque sonore et visuelle qui s'est facilement gravée dans les mémoires du public présent et qui ne pouvait que formidablement conclure ce magnifique festival !   


My Sleeping Karma, un stoner psyché remplit d'émotions positives.




Le Metal Culture(s), qui grandit d'année en année et qui a une nouvelle fois proposé une affiche de très grande qualité, très éclectique, se permettant même le luxe de proposer les meilleurs dans leurs genres, aura été une franche réussite. L'ensemble des concerts aura été de qualité et l'ambiance au top. Aucun souci particulier à souligner, à part peut être le chevauchement fin du ciné-concert/démarrage de celui à la chapelle lors du premier soir, qui sera certainement à modifier pour les prochaines éditions. Le prix des pass reste très attractif, avec également des concerts et événements gratuits dans tout la ville pendant les trois jours de festival. Les prix des boissons et sandwichs (chauds qui plus est !) étaient abordables. Un grand bravo à tous les artistes présents, au public chaleureux et énergique qui aura parfaitement répondu présent et bien sur, à tous les organisateurs et bénévoles, qui font de Guéret, tous les ans à la même période, le plus haut lieu du metal en Limousin ! A l'année prochaine !


La Chapelle de la Providence, haut-lieu du metal en Limousin !


 






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