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mardi 13 décembre 2016

Live report : High On Fire et Meshuggah,le Transbordeur - Lyon, 27/11/2016.













Le rendez-vous était pris depuis quelques semaines déjà, rendez-vous attendu avec beaucoup d'impatience. Car ce soir, c'est un groupe, aux quasiment trente années de carrière, précurseur et créateur d'un son, d'un univers et tout simplement d'un style, qui va se présenter devant nous. Lorsque l'on parle de riffs dissonants sous accordés à la guitare 8 cordes, de polyrythmies dans tous les sens, d'ambiances austères, le nom de Meshuggah vient très rapidement à l'esprit. Suite au rendez-vous semi-manqué lors de la venue des Suédois au Hellfest 2015 (faute à la très forte affluence, je n'avais assisté qu'à une partie de leur show, de l'extérieur qui plus est...), c'est donc, en ce dimanche soir plutôt froid, qu'une soirée, avec les légendes du metal progressif et précurseurs du djent, au Transbordeur de Villeurbanne se profile à l'horizon.
Première découverte : la salle. Après une bonne demi-heure d'attente dehors, les portes s'ouvrent enfin. N'étant pas de la région Lyonnaise la soirée se révèle être une grande première pour moi, dans cette belle salle du Transbordeur. Que ce soit de l'extérieur ou à l'intérieur, son côté industriel colle évidemment à ravir avec une soirée metal. Petit tour au stand de merchandising, première bière commandée (un peu chère par contre 4€ la Carlsberg pression...), quelques nouvelles minutes d'attente, puis la playlist d'attente stoppe et l'annonce du premier groupe est faite.


C'est donc High On Fire qui aura (l'immense) honneur d'ouvrir le bal. Groupe originaire des USA, que je connais à peine de nom, mais qui m'avait l'air en tout cas bien sympathique sur les quelques minutes que j'ai écouté avant de venir... Pas de round d'observation, dès les premières minutes ça balance sévère. Les riffs sont rapides et agressifs, le son est lourd et gras et les compos restent facilement gravées en tête. Bien que le groupe joue en trio, l'énergie déployée et la profondeur du son nous fait aisément croire qu'un deuxième guitariste est présent. On alterne entre passages très rapides, qui ne laissent aucun répit, et moments plus lents, propices aux headbangs de masse. La musique proposée, bien qu'assez personnelle nous rappelle quelques influences bien senties; comme si le speed rock/thrash de Motörhead rencontrait le son crasseux de Red Fang, tout en étant agrémenté du chant de Dez Fafara (DevilDriver) des bons jours ou de Reno (Kruger). Matt Pike le chanteur et guitariste du combo, ventre bombé et torse nu, vit complètement sa musique, il nous propose une voix crasseuse et puissante mais aussi des solos de guitare assez impressionnants. La partie rythmique n'en est pas en reste, assénant des coups de butoir au niveau de la batterie et des notes ravageuses à la basse, qui est d'ailleurs bien mise en avant (voire trop ?). L'énergie monte petit à petit dans la fosse, aux trois quarts remplie, au fur et à mesure que les chansons s'enchaînent. Un très bon set d'une heure, rempli d'énergie, une musique aux influences multiples, tantôt extrêmement rapide et thrashisante à souhait, voire très proche des standards hardcore parfois, tantôt plus lente et lancinante dans l'esprit stoner ou sludge, mais terriblement efficace en live. Une sacrée bonne découverte !


High On Fire, une 1ére partie qui n'a pas manqué d'énergie !





Après une demi-heure d'attente pour les dernières balances et l'installation des différents et magnifiques backdrop , et après que la salle se soit un peu plus remplie, les lumières s'éteignent à nouveau... Une intro mystérieuse résonne puis la claque sonore arrive ! Car outre la défense de leurs vingt-cinq ans de carrière, c'est également celle de la sortie du huitième et dernier opus de Meshuggah, "The Violent Sleep Of Reason", qui est en jeu. C'est d'ailleurs sur la terrible "Clockworks", très caractéristique du style, que débutera le show, parfaitement enchaînée par "Born In Dissonance" (une de mes chansons de l'année...!), autant dire un départ idéal ! S'imaginer ce que peut représenter un concert de Meshuggah est absolument impossible sans le vivre. La déflagration sonore n'a pour moi aucun équivalent à ce jour.  Bien que la puissance sonore soit écrasante et complètement folle, le son arrive tout de même à ne pas être brouillon. Ainsi, l'on arrive aisément à discerner les parties solistes des guitares et les rythmiques de chaque instrument, sans que cette terrible masse sonore ne devienne inaudible, ce qui, il est vrai, arrive régulièrement en live pour les genres les plus extrêmes du metal... La qualité acoustique de la salle y est évidemment pour quelque chose, l'expérience et le professionnalisme de l'ingénieur du son y fait aussi probablement beaucoup.  
Et que dire de l'extraordinaire show lumineux ? La réponse est dans la question : formidable ! C'est un défilement non stop, sur toutes les chansons, quelque soit le tempo, d'effets lumineux de toute beauté et en parfaite adéquation avec la musique : stroboscope dans tous les sens, jeux de lumière fournis et surtout, de magnifiques jeux de lasers, intenses et épais en guise de clou du spectacle ! Jeux de lumière qui, malgré que les membres soient dans la pénombre, magnifient le tout, et ajoutent même un effet 3D de toute beauté au backdrop et visuels du dernier opus. Il faut sans doute des années de métier pour pouvoir être aussi précis, rapide, habile et aussi bien synchronisé avec la musique, et tout particulièrement pour la partie rythmique si complexe qui nous est proposée ! Grand coup de chapeau à l'ingénieur lumière. 


Meshuggah, un show également visuel !


Une bonne partie de la discographie sera passée en revue, du petit dernier "The Violent Sleep Of Reason", en passant par "Koloss", "Obzen", "Nothing", "Chaosphere" et même "Destroy Erase Improve". Seuls "Catch 33" et "Contradictions Collapse", premier opus de la riche discographie du groupe, manqueront à l'appel. Malgré cela, le défilement d'hits, tels que "Perpetual Black Second", "Stengah", "Do Not Look Down", ou l'incontournable et hypnotique "Bleed", fait tout de même prendre conscience qu'au grès de ce quart de siècle de discographie, Meshuggah aura produit un paquet d'hymnes metalliques tout en dissonance et en polyrythmies et a quand même particulièrement marqué l'univers metal ! Jens Kidman et ses célèbres mimiques et grimaces, sera, comme à son habitude, complètement habité par les compositions. Le niveau technique des différents musiciens est tout simplement hallucinant, que ce soit pour les guitares ou la basse, en parfait contre-temps de la batterie, et du jeu de batterie de Tomas Haake, à la maîtrise irréprochable et à la puissance étouffante ! 
Bien que la musique du groupe n'incite pas vraiment à d'importants mouvements de foule,  le public d'environ 1500 aficionados (belle influence pour un dimanche soir et une salle avec une capacité de 1800 places !) se lâche, au fur et à mesure que les hits s'enchaînent, et on assiste même à une petite série de slams (oui, oui, à un concert de Meshuggah...!), pour un public de puristes évidemment totalement acquis à la cause des Suédois. Bien que la communication se révélera timide (ce qui je vous l'accorde, n'est pas important lors d'un tel show), le groupe sera complètement ravi de l'accueil qui lui sera réservé, il aura d'ailleurs su remercier son public avec différents gestes et sourires qui ne trompent pas... 

Jens Kidman, chanteur et leader incontesté.


Après une succession de douze titres, les lumières s'éteignent à nouveau, pour laisser souffler un peu les 3000 oreilles engourdies, mais surtout pour demander un rappel et laisser place à l'ovation. Le combo reviendra conclure son set à coup de "Demiurge", et sa rythmique particulièrement marquée, et pour nous achever grâce à "Future Breed Machine", révélatrice du style à l'influence plus thrash des débuts (tout comme la furieuse "Sane" issue de "Chaosphere"), qui concluront à la perfection ce show irréprochable des Suédois. Un show grandiose, un son puissant, lourd, presque inégalable, un light show magnifique et impressionnant, pour une heure trente de set, qui sera passée à une vitesse folle, on en aurait bien redemandé plus...! En guise de conclusion, je dirais que tout fan de metal qui se respecte, doit voir au moins une fois dans sa vie un concert, ou plutôt devrais-je dire une expérience live, de Meshuggah, c'est indispensable ! 


Setlist :

Clockworks
Born In Dissonance
Sane
Perpetual Black Second
Stengah
The Hurt That Finds You First
Lethargica
Do Not Look Down
Nostrum
Violent Sleep Of Reason
Dancers to a Discordant System
Bleed

Rappel :
Demiurge
Future Breed Machine
















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