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lundi 15 mai 2017

Live report : Metal Culture(s) VII (1ére partie 04&05/05/17)














Pour sa septième édition, et mon troisième rendez-vous personnel avec le fest, les organisateurs du Metal Culture(s), festival pluri-disciplinaire Guérétois, ont décidé de passer à la vitesse supérieure : 4 jours de festival, 19 groupes proposés à l'affiche, dans quasiment tous les styles possibles, un site agrandi avec un ré-aménagement de l'espace extérieur et toujours un éclectisme événementiel : concerts, conférences, cinéma, expositions, lectures, master class de batterie... Après une sixième édition particulièrement réussi (pour rappel : partie 1, partie 2, partie 3 du live-report), qu'en sera t-il de la septième édition ?







Rien de tel pour bien démarrer un festival qu'une valeur sure ? Que nenni (je n'aurais jamais cru la placer un jour celle-là !) d'après les programmateurs du Metal Culture(s) ! Rendez-vous donc à La Fabrique de Guéret, en guise de préquelle du festival, dans une petite salle obscure, presque caverneuse, où une dizaine de spectateurs sont présents pour assister au show de Machinalis Tarantulae. Deux musiciennes sont assises sur scène, presque dans le noir, les lumières dans le dos, une viole de gambe électrique 7 cordes d'un côté, une guitare et un tom de l'autre, voilà le cadre qui nous est proposé. Passé cette première surprise, on entre dans le vif du sujet. La boîte à rythme se met en route, les rythmes et samples electro également et la machine infernale est lancée. Une sorte d'electro/indus mais pas seulement. Les chansons sont variées, tantôt rapides, tantôt plus lentes, mais l'univers est toujours sombre, oppressant, furieux, évidemment directement impacté par les parties de viole complètement torturées. Instrument qui ajoute une intensité incroyable, une touche lancinante, dépressive, où la tristesse s'entrechoc avec la colère et la violence des rythmes electro qui sont martelés par la boîte à rythme ou le tom de Miss Z (ex-Punish Yourself), ses riffs de guitare et les samples. Le chant parfois chanté, parfois scandé, parfois hurlé (comme l'OVNI de l'an dernier Myciaa), contribue également beaucoup à l'ambiance malsaine ressentie. Une super découverte, d'un OVNI musical qui possède un univers bien particulier et qui ouvre parfaitement le fest.


La fameuse viole de gambe électrique 7 cordes




La première (vraie) soirée de concerts débutera finalement le lendemain, avec un changement complet d'univers. Cette fois c'est Klone qui nous est proposé en entrée, à l'Espace Fayolle. Mais pour un set acoustique cette fois s'il vous plaît. Je vous avouerais que je n'avais jusque-là écouté leur album "Unplugged" qu'une seule fois et que finalement, le fait de connaitre par cœur tous leurs précédents opus et les chansons qui les composent m'avait quelque peu déstabilisé. Autant dire, que j'avais quelques petites craintes avant le show. Dans un cadre intimiste, assis pour l'occasion, les trois membres du groupe sont accompagnés par Armelle Doucet à l'accordéon, au tom et aux machines. Assistant à mon premier show acoustique, ce qui m'a frappé d'entrée, c'est la restitution parfaite de l'énergie et de la tension qui se dégagent des chansons, pour l'essentiel tirées d'"Here Comes The Sun", mais avec de nouvelles émotions et un charme nouveau, preuve du talent du combo dans l'écriture et la composition. La voix de Yann Ligner, déjà impressionnante en concert "classique", se révèle encore plus saisissante et incroyablement mise en valeur. Sa puissance est savamment dosée, elle n'est pas qu'une simple retranscription du chant habituel. Les touches d'accordéon et de percu. sont très bien senties, pas exagérées, elles sont en total accord avec les autres instruments et donnent une autre atmosphère aux compositions. Les chansons se révèlent alors encore plus intenses, poignantes, émouvantes mais aussi apaisantes : tout nos sentiments sont bouleversés. Un set majestueux qui aura valu au groupe une standing ovation, par des metalleux debout, visiblement touchés par la magie de ces cinquante minutes de poésie et de beauté.


La classe d'un concert acoustique de Klone




Enfin ! Après deux concerts d'ouverture du fest complètement opposés dans le style et les émotions ressenties, les shows à la célèbre Chapelle de la Providence sont lancés. Rien de tel que du rock'n'loud, ou si vous préférez, du bon vieil hard-rock, pour lancer les hostilités. Ce sont les Nîmois de Gut Scrapers qui s'en chargeront. Musicalement comparés à AC/DC ou encore ZZ Top, les compositions mélangeant hard, blues et heavy se révèlent très efficaces et intensément énergiques. Le jeu de la basse très groovy et bien mis en valeur, les riffs efficaces et les rythmes endiablés en sont la racine. Les solos impressionnent l'auditoire. Auditoire qui se montrera plutôt timide dans ses réactions et qui ne bougera pas beaucoup, probablement pris à froid. Pourtant, on ne pourra reprocher au groupe un quelconque manque d'énergie... Les membres tous souriants, donnent tout, ils vivent leur musique intensément. Le bassiste se paiera même le luxe de slamer tout en continuant à jouer ! Le chant est percutant, bien que la voix principale, qui me semble un peu forcée, me repoussera légèrement. Les chœurs, assurés par les deux guitaristes et le bassiste, amènent une diversité bienvenue. Les mélodies du chant et les refrains restent au final bien en tête, signe d'efficacité.  Un bon premier concert en somme.




Les Nîmois de Gut Scrapers




Place désormais à un des groupes que j'attendais avec beaucoup d'impatience. Après une première expérience live personnelle qui m'avait tout simplement fait rêver et frissonner, voici, cinq mois après, une nouvelle occasion d'apprécier un concert de 7 weeks. Le quatuor, particulièrement attendu par les festivaliers présents, a un nouvel opus à défendre ce soir. Et il l'aura fait à la perfection. Ce qui est marquant avec 7 Weeks, c'est sa formidable capacité à être sortie de ses influences très prononcées des débuts. Le groupe, au gré des différentes sorties d'albums, s'est émancipé, passant du stoner à la Queens Of The Stone Age du début, à un mélange de genre bien senti, grâce aux apports d'ambiances et de riffs plus metal. Il possède désormais son univers personnel. Cela se traduit par des chansons hybrides, mélant stoner/rock furieux et heavy aux ambiances lourdes et tendues, des riffs puissants, des rythmiques riches et variées et surtout une inventivité hors pair. Le son, très puissant, est parfaitement équilibré, entre vrombissements de la basse, riffs acérés et ambiances fournies, et rythmique inventive, ce qui avantage évidemment les compositions. L'accueil sera plus qu'à la hauteur. L'intégralité du public, qui semblait d'ailleurs aussi beaucoup attendre le set des Limougeauds, aura été conquis : captivé, concerné, en témoignent les chauds applaudissements à la fin de chaque titre. Les jeux de lumière, épais et teintés de couleur froides, agrémentent admirablement la musique proposée. Sublime ! Une petite heure d'un set dense et irréprochable , pour un groupe qui est en train de franchir une sacrée étape dans sa carrière : celle de la confirmation. Vivement la prochaine !


7 Weeks et son chanteur charismatique, Julien Bernard. 




Voici désormais la tête d'affiche de cette première soirée : Loudblast ! Ce soir, c'est pour un show spécial que le groupe du Nord de la France, aux plus de trente années de carrière, est présent. En effet, le concert fait partie de la tournée "The Dementia Tour". C'est à dire, que l'album "Sublime Dementia", sorti il y a 24 ans de cela, sera joué en intégralité ! Première remarque : c'est le bassiste de Black Bomb A (tête d'affiche de la 2éme soirée), Pierre Jacou et un nouveau guitariste, Jérôme Point-Canovas, qui seront derrière la basse et la deuxième guitare ce soir. Et on peut dire qu'ils ont assuré comme des beaux diables ! Les riffs et les rythmes destructeurs, véritables incitations au headbang, s'enchaîneront, les solos viendront réveiller l'enfer, tout ceci avec une aisance déconcertante. Enfin bref, je ne sais pas si j'ai besoin de décrire ce qu'est un concert de Loudblast ? Le groupe est tout simplement une arme de destruction massive sur scène, le charisme de Stéphane Buriez est impressionnant ! Le son, ou devrais-je dire plutôt le mur de son, qui s'abat sur nous est tout bonnement exceptionnel. Bien qu'ultra puissant, il n'est absolument pas brouillon ou fouillis. Bien au contraire, on distingue parfaitement les différents instruments, que ce soit les riffs rapides des guitares, les rythmiques folles de la batterie et la basse, et la précision diabolique des solos. Le public, plus que motivé par les précédents shows, n'en demandait pas tant pour se déchaîner. Les pogos et slams vont s'enchaîner pendant l'intégralité de cette heure de poutrage ! Le combo aura réussi à tout retourner sur son passage et, une nouvelle fois, à démontrer qu'il est le maître du death/thrash, que dis-je...du metal français ! La classe !   


Les maîtres du death à la française Loudblast ! 




Après cette débauche d'énergie et ces concerts tous plus magistraux les uns que les autres, la (difficile) tâche de clôturer cette formidable première soirée, ira à Fenrir. Groupe originaire de Nancy, qui m'était complètement inconnu jusque là. Difficile tâche car non seulement, le changement complet d'univers n'est pas toujours évident, mais aussi car le groupe semble vraiment jeune, ce qui n'augure rien sur la qualité musicale bien entendu, mais qui peut mettre une certaine pression, quant à l'idée de jouer derrière de telles pointures. Cela n'enlève en rien ma curiosité de découvrir un nouveau groupe. D'entrée on remarque que l'univers visuel est très marqué chez les membres du groupe : les costumes médiévaux sont de sortie pour évidemment bien appuyer le folk/power metal qui nous est proposé. Malheureusement pour le groupe, la fosse s'est considérablement vidée, exténuée par la débauche d'énergie des précédents concerts... Pour ma part, je ne suis jamais vraiment entré dans le set proposé. Le son, un peu brouillon et mal équilibré dessert quelque peu le combo. On n'entendait par exemple absolument pas la deuxième guitare. Mais, ce qui m'a le moins aidé finalement, c'est la voix. Pourtant choix assumé du sextuor, j'avoue que le léger manque de coffre de la chanteuse, et le côté très aiguë et basé uniquement sur du chant "naturel", non hurlé, m'ont un peu repoussé, malgré une tout de même jolie voix. Les longs interludes entre les chansons, où des histoires féeriques ou des aventures et légendes nous sont contés ont peut-être aussi cassé un peu le rythme. La place dans le running-order et mon état de fatigue auront sûrement eu raison de mon enthousiasme pour le groupe. Dommage car la musique proposée, avec des riffs et une section rythmique vraiment épiques, reste intéressante et les violons apporte une certaine touche d'originalité. Je ne demande qu'à revoir le groupe à une autre occasion pour mieux en juger.   


Les costumes sont de sortie pour Fenrir.



Les deux premiers soirs du Metal Culture(s) VII auront déjà été très enrichissant, entre découvertes, confirmation de valeurs sûres et ambiance de folie, vivement la troisième soirée ! 
A suivre...


La Chapelle : l'antre des metalleux du Limousin !










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