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mercredi 24 mai 2017

Live report : Metal Culture(s) VII (deuxième partie 06/05/17)













Suite aux deux premières soirées du Metal Culture(s), qui nous auront déjà pas mal botté les fesses, voici que la troisième et avant dernière soirée, veille de deuxième tour des élections présidentielles, se profile à l'horizon. Au programme des hostilités : une ouverture à l'Europe avec les Suisses de Zeal & Ardor, les locaux de Radium Valley, Moonreich, en plus des têtes d'affiche Gorod et Black Bomb A. Une nouvelle fois alléchant  tout ça !


L'ouverture de cette deuxième soirée à la Chapelle ira à Radium Valley. Ma dernière occasion et la première de voir les Creusois sur scène, se présenta lors du dernier Festival de Noël de Limoges, fin 2015. Le combo qui va sortir un nouvel opus dans les mois à venir, va t-il nous proposer quelques extraits ? Il fera mieux que ça, puisque les trois quarts du set seront consacrés à des nouvelles compositions. Celles-ci, sont dans le pur style Radium Valley, c'est à dire un mélange de metal indus/gothic metal à l'ambiance post-apocalyptique très marquée. Cette ambiance et cet univers de destruction et de désolation seront une nouvelle fois particulièrement représentés sur scène, tous les membres étant costumés et masqués (masques à gaz). Mais, tiens, tiens ! On dirait bien que ce n'est pas le chanteur habituel, Luc De Villars... Malgré le masque en toile de jute, qui ne permet pas de voir le visage, ce qui met la puce à l'oreille et donne une indication, outre la carrure, c'est le timbre de voix légèrement différent. La comparaison s'arrêtera là puisque le groupe ne jouera que deux chansons du premier album "Tales From The Apocalypse": la musicale et éponyme "Radium Valley" et la grandiose "Sweet Infection", c'est dommage ! Malgré ce léger regret, les nouvelles compositions, rendent vraiment bien, même si évidemment leur appréciation est plus complexe car elles me sont totalement inconnues. Les jeux de lumières sublimeront une nouvelle fois le set, tout comme les écrans de télévision qui déversent des images de désolation, ainsi que les décors métalliques qui font toujours leur effet. Le chanteur, qui s'agite avec des mouvements saccadés ou qui reste complètement immobile joue à la perfection son rôle de frontman et ajoute un plus évident à la mise en scène. Un très bon concert qui fait dire : vivement le nouvel album !


Les irradiés de Radium Valley




C'est au tour de Moonreich de monter désormais sur scène. Jeune groupe originaire de Paris (formé en one man band en 2008 pour l'anecdote) qui nous propose du black metal. La symbolique d'un groupe de black jouant dans une chapelle est forcément remarquée. Bien que, je le rappelle, le black n’est pas mon style de prédilection, j'ai pourtant été agréablement surpris par le show de Moonreich. Evidemment bien marqué par toute la symbolique et les caractéristiques du black metal : blast beat dans tous les sens, riffs sur-excités, chant hurlé, mais aussi musiciens maquillés et peinturlurés en noir et blanc, looks effrayants, magnifiques back drop d'imageries de mort; qui font toujours leurs effets dans un lieu tel que la chapelle. Cependant, une certaine touche d'originalité apparaît au niveau de la musique. Quelques passages, parfois en son clair, plus lents et obsédants amènent ce côté novateur et l'apport de la deuxième guitare et de quelques passages plus mélodiques ou, osons-le, plus atmosphériques, ne sont absolument pas négligeables. Ainsi la musique proposée ne s'arrête pas seulement à du pur black, les riffs et parties à la six cordes sont d'ailleurs très variés au sein des compositions. Bien sur, la précision du son valorise vraiment la musique et le style proposé, on distingue facilement chaque instrument, ce qui est à noter pour un concert dans ce genre. Les membres ne sont évidemment pas là pour rigoler, le frontman en est même presque intimidant, son maquillage agressif, sa stature et son attitude impressionnent : il se tient devant nous, bras écartés, le regard fixe et furieux, il nous domine, nous harangue, prêt à en découdre, nous rappelant un certain Jens Kidman, la peinture et les cheveux en plus. A l'image du set particulièrement imposant qui m'aura véritablement bien plu !


L'univers black de Moonreich




Je savais que je pouvais m'attendre à un déferlement de technicité avec Gorod, mais à ce point non ! Déjà presque vingt-ans que les Bordelais nous inondent de riffs ultra rapides, de solos en tous genre, pour un death metal ultra technique où se côtoient virtuosité, groove et brutalité. Je n'ai pas arrêté de me poser la question tout au long du set : mais comment font ces génies pour composer une telle musique, pour jouer aussi rapidement, aussi précisément, sans la moindre erreur, avec une maîtrise totalement dingue, tout en se rappelant surtout du nombre incalculable de notes jouées, le tout en s'amusant sur scène ? A l'image du bassiste, qui rigole, bouge, saute partout, et danse carrément, tout en assurant son jeu intensément groovy et jazzy, qui suit à la perfection les affolants riffs des guitares. Ce n'est tout simplement pas humain ! De plus, tous les musiciens sans exception prennent un pied incroyable sur scène, un plaisir, une envie qui font plaisir à voir et qui se transmettent naturellement sans peine au public qui le suivra complètement et lui rendra, en retour, un accueil particulièrement digne. Le chanteur n'en est pas en reste. Plutôt dans un style vestimentaire et un look sobres et sages pour un vocaliste de death metal, la folie s'est pourtant complètement emparée de lui ! Il grimace, se tape la tête (nouvelle similitude avec une "star" non ? Un certain Phil Anselmo...), bouge partout, tourne en rond, se tord en deux, il n'arrête jamais ! Et pourtant, tout comme pour les musiciens il maîtrise sa partie à la perfection : tantôt en utilisant des hurlements, du growl, du pig squeal cher au death metalleux, mais aussi quelques touches de chant parlé. Le groupe aura assuré une véritable démonstration technique, qui n'en était pas vraiment une, puisqu'il a joué sa musique sans aucune prétention, tout en prenant un immense plaisir non feint sur scène et en nous retournant le cerveau. Une baffe musicale, pour un style qui peut sembler difficile d'accès mais qui peut impressionner n'importe quel musicien amateur ou fan averti, assurément !


Le bassiste virtuose de Gorod




Le public désormais chaud comme la braise, place désormais aux deux derniers groupes de la soirée. C'est Black Bomb A qui entamera la conclusion. Tout comme Radium Valley, ma dernière (et première finalement) expérience live remonte à fin 2015, lors de l'excellent Festival de Noël de Limoges. Autant dire que je savais d'ores et déjà à peu près à quoi m'attendre. Et je n'aurai une nouvelle fois pas été déçu ! Malgré les changements réguliers de line-up, le groupe, plus de vingt-ans après sa genèse, continue de nous asséner son metal/hardcore qui tabasse, très bien maîtrisé, à grand renfort de hits tous plus entêtants les uns que les autres. Alors, que j'avais quelque peu mis le groupe de côté il y a quelques années, leur excellente prestation de 2015 m'a complètement ré-accroché au wagon. Toujours autant d'énergie sur scène, toujours autant de folie chez un Poun survolté, toujours autant d'envie, de sourires et de joie partagée, toujours autant de communication, de petits mots bienveillants et sympas pour les organisateurs, les autres groupes et leur public, bref une valeur sûre ! Les chansons, feront comme d'habitude mouche, les riffs et mélodies sont simples mais terriblement efficaces, les rythmes sont fracassants, le son est parfait, tout pour retourner une fosse me direz-vous ? Mieux que ça, le pit entrera totalement en fusion durant cette heure de set ! Les pogos, slams et wall of death, sans que le groupe ne le demande au préalable d'ailleurs, se suivront sans arrêt. Les voix, criardes et aiguës alternées au growl, très complémentaires, font largement le job. Je me suis d'ailleurs encore demandé comment Poun fait pour ne pas se briser les cordes vocales, tellement toute sa rage passe dans ses cris, "Tears Of Hate" en est le plus bel exemple. Un groupe qui met une claque définitive à tous ces quelques détracteurs, qui prouve son extrême efficacité live, et ce depuis plus de 20 ans ! Chapeau messieurs !


Black Bomb A, la folie live à l'état pur !




Place maintenant au dernier artiste de la soirée. Zeal & Ardor a beaucoup fait parler de lui en 2016. Pour le projet unique de Manuel Gagneux d'une part, partant d'une simple blague ou plutôt d'un défi sur un forum, mais aussi pour son mélange improbable de genres. Bien que je n'avais pas porté une seule minute de mon attention sur le projet, je me doutais bien que le mélange de black, blues, spiritual et electro pouvait se révéler soit complètement génial soit bien trop original pour être apprécié. Autant le révéler tout de suite : c'est une claque intersidérale !! D'entrée, on remarque la configuration "originale" de la scène, le chanteur principal, Manuel Gagneux en avant, son guitariste et sa bassiste de part et d'autre, légèrement en retrait puis encore en retrait les deux choristes et enfin le batteur. Les notes et rythmes electro de "Sacrileguim I" introduiront le show, comme pour bien nous faire prendre conscience de la diversité et de la variété musicale qui vont nous être proposés. S'enchaînent des chansons aux univers et ambiances très diverses qui se mélangent et se heurtent avec fracas, pour ainsi faire traverser diverses émotions : colère, froideur, apaisement, confiance, peur, mélancolie, tout ce qui peut permettre d'imaginer la rébellion des esclaves afro-américains contre les chrétiens, leur asservissement à Satan et leurs chants occultes possédés. Ainsi, on passe aisément, au sein d'une même chanson, d'un magnifique chant clair puissant, suivi des chœurs ou du gospel, à des cris typés black metal. Et la musique suit parfaitement : samples ou section rythmique seuls ou encore xylophone, puis riffs hypnotiques et rythmiques très rapides avec blasts hystériques et double pédale, également empruntés au black, comme pour la magnifique "Blood In The River" ! Mais ce qui au final frappe le plus, c'est la qualité de composition et la maîtrise des styles qui nous sont proposés. Bien que complètement avant-gardiste, tout sonne et s'enchaîne parfaitement, sans sonner faux, sans donner l'impression d'être forcé, dans une puissance et une intensité folles ! Le son savamment dosé et parfaitement équilibré met évidemment la musique en valeur. Les jeux de lumières aussi. Très fournis, intenses, dans des tons froids très appropriés, tantôt immobiles et derrière les musiciens, tantôt furieux et agressifs, ils subliment le tout. L'accueil et les applaudissements très nourris seront à la hauteur du formidable set proposé, le jeune groupe en sera même presque gêné. Quel show ! Le genre de show qui fait aller directement au stand de merchandising pour se procurer l'album en vinyle, l'écouter en boucle et avoir les chansons en tête pendant des jours entiers. Un chef d'oeuvre de LA découverte du fest, la révélation de ce début d'année, d'un génie musical qui va devenir très grand et incontournable !


Zeal & Ardor, un groupe qui va faire énormément parler de lui !




Et bien cette deuxième soirée de concert à la Chapelle se sera révélée monstrueuse avec des styles et des groupes très éclectiques mais qui auront tous réussi à assurer de formidables shows ! Quelle troisième soirée !
A suivre...


Les résultats sont là : 100% de votes favorables pour une 8éme édition !










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