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jeudi 1 juin 2017

Live report : Metal Culture(s) VII (dernière partie 07/05/17)














Ce dimanche de début mai, n'est pas seulement synonyme de deuxième tour des élections présidentielles, il correspond également mais aussi surtout au dernier jour (déjà !) du festival Metal Culture(s) VII. Après quatre premières excellentes soirées (1ére partie et 2éme partie du live-report) remplies de découvertes et de concerts de très grande qualité, que va nous réserver cette dernière soirée ?





C'est Lord Shades qui amorcera la quatrième et dernière soirée du fest. Groupe de death/black fondé en 2001 qui a sorti seulement deux albums. D'entrée, on comprend, au style vestimentaire des musiciens, c'est à dire capuche sur la tête, gilet de cuir et long manteau noir, que les influences sont diverses. On navigue en fait entre riffs, rythmes et chant death, très épiques puis passages symphoniques (rappelant Dimmu Borgir) et chant black rondement menés. S'alternent ainsi des parties très rapides et nerveuses à des parties beaucoup plus lentes et malsaines. Cette alternance, savamment dosée, apporte une efficacité absolue à la musique proposée. Bien que les chansons se rapprochent aisément des dix minutes, on ne s'ennuie absolument pas, grâce à l'apport des samples et orchestrations qui amènent une très bonne diversité dans les ambiances proposées. Les quelques passages symphoniques, avec parfois de la voix lyrique féminine, enrichissent encore plus le propos, ils ajoutent une certaine touche d'accalmie et de poésie qui font se confronter nos sentiments. On se croirait tantôt en pleine guerre, tantôt perdu dans un désert, tantôt esclave ou dans un univers d'héroïc fantasy. Cela montre bien, qu'outre le style vestimentaire, le look ou les décors, c'est bien la musique à proprement parlé qui est épique et non pas l'inverse. Les membres, presque timides, se limitent à leurs partitions, mais ils le font très bien. Que ce soit, les guitares, la basse ou la batterie, chaque partie est précise et pointue. Les variations entre voix grave, growlée, voire très grave et caverneuse, puis chant plus criard, emprunté au black, impressionnent. Le son une nouvelle fois parfaitement équilibré mettra en valeur le show et ce chant saisissant. Un set très riche, intense, qui ouvre à la perfection cette dernière soirée, pour un groupe qui mérite que l'on parle plus de lui.


Lord Shades, un groupe talentueux qui demande à être plus connu




Très gros changement d'ambiance et d'univers avec le deuxième groupe qui prend la suite. Cette fois, ce sont les Parisiens de Cowards qui montent sur scène. Changement d'ambiance, car c'est du hardcore qui nous est cette fois proposé. La musique possède tous les codes du genre : vitesse rythmique effrénée, riffs simples et rapides, sonorités agressives et distordues, larsens, chant crié voire colérique et torturé, chansons courtes... Mais pas que, puisque parfois les rythmes ralentissent sensiblement, les mélodies se révèlent, les breaks se mettent en route, ce qui amène un aspect doom/sludge bienvenue et des ambiances beaucoup plus malsaines, nauséeuses et mélancoliques. C'est ça du hardcore anxiogène ! Les sonorités mettent particulièrement en avant le couple basse/batterie, bien qu'évidemment on entend aussi parfaitement les guitares. Chaque membre du combo donne tout sur scène : ça se plie en deux, ça bouge, ça sue à grosses gouttes. Mention spéciale au chanteur qui vit intensément ce qu'il chante, mais surtout à un des deux guitaristes dont les mimiques, les grimaces et l'attitude font que l'attention se focalise sur lui. Certains dans l'assistance s'en amuseront ou trouveront son attitude surjouée voire offensante (nombreux doigts d'honneur ou crachats sur scène ou dans le public), on ne peut que constater tout de même qu'il vit à 100% ses riffs et sa musique, criant même parfois en chœur avec son chanteur. Il n'y aura aucune communication avec le public, les chansons s'enchaînent avec une violence déconcertante. Cela a pu évidemment en rebuter quelques-uns, pour un style pas toujours facilement apprivoisable, mais qu'est-ce que ça fait du bien de temps en temps de voir un concert de bon vieil hardcore !



Le guitariste très expressif de Cowards




Place désormais au 2éme groupe international du fest. Il s'agit de Bongzilla, groupe aux vingt années de carrière, pour un nouveau changement complet de style. Cette fois, c'est un mélange de heavy/sludge/stoner/doom (rien que ça !) que vont nous jouer les Américains. Si leur musique semble difficile à classer dans un genre définit, ce dont on est sûrs c'est que les riffs sont lents, lancinants et entêtants, le son est bien gras, rond et lourd. Comme pour tous les précédents concerts le son est excellent, puissant sans être brouillon et parfaitement réglé. La puissance est telle que le sol et les murs de La Chapelle trembleront. Le chant, ou plutôt les cris, sont torturés. Il n'est néanmoins pas omniprésent, certaines chansons se révélant être entièrement instrumentales. Les toms et la caisse claire de la batterie sont martelés. Les compositions, pourtant relativement homogènes, ne sont pourtant pas ennuyeuses. En témoignent les trois quarts de l'assistance qui headbang à l'unisson pendant l'intégralité du show et qui applaudissent chaleureusement entre chaque morceau. Les quatre membres du combo, casquettes vissées sur la tête apprécient l'accueil. Les jeux de lumière, la plupart du temps dans le dos du batteur, sont très fournis et intenses. Dans des dominantes froids, verts pendant tout le set, accompagnés par une fumée épaisse, ils correspondent incontestablement à la musique jouée. Une bonne heure de bonne musique, on en aurait bien redemandé plus !



Tout droit venu des USA : Bongzilla !




L'interview auquel j'aurai assisté, quelques heures plus tôt, par la célèbre radio "Radio Pays de Guéret", aura donné le ton ! Que ce soit pour vos mariages, vos anniversaires, vos enterrements de mariage, vos enterrements même, vos Barmitsva, baptêmes etc... il y a Ultra Vomit ! Une bande de quatre gais lurons qui sait tout faire : parodies des meilleurs groupes avec "Kammthaar" pour Rammstein, "Un Chien Géant" pour Tagada Jones, "Takoyaki" pour Maximum The Hormone; reprises et mashup improbables avec "La ch'nille" en version grindcore ou encore "Calojira" (ah ce fameux "Face à la Mer" avec le son de "Vacuity" !); chansons engagées telles que "Pipi vs Caca", "Evier Metal" ou "Super Sexe", gags, à l'image de la foireuse séance d'hypnose; voire publicité (le fameux t-shirt Saint Maclou et "Keken" ou "Anthracte" pour présenter les membres), rien de tel pour parfaitement mettre l'ambiance ! Tout ce qui saura faire danser, pogoter, slamer, wall of deather (je sais, ça ne se dit pas) ou encore faire faire la chenille à 500 metalleux dans vos salles de concert ! Mais attention, n'allez pas croire que la musique d'Ultra Vomit c'est seulement des reprises ou improvisations et des blagues foireuses... Non, c'est avant tout des compositions bien ficelées, un son lourd et intensément puissant, pour des musiciens qui assurent comme des beaux diables. Enfin bref, Ultra Vomit aura su complétement retourner la fosse, déchainer les metalleux présents et faire rire toute l'assistance. Une heure et demi de set complètement folle pour la meilleure prestation de la soirée, et un des meilleurs accueils du festival (mon cœur balance avec l'accueil reçu par Black Bomb A la veille), chapeau bas Messieurs !



En pleine séance d'hypnose avec Ultra Vomit




Le dernier set approche désormais. Pas mal de spectateurs ont déjà malheureusement quitté le festival. Nouveau total changement d'ambiance, c'est Year Of No Light qui monte sur scène. L'ambiance, la musique totalement instrumentale et le style proposé, dans des influences post hardcore/sludge, sont évidemment beaucoup moins propices à la fête. Cela n'enlève rien à la qualité musicale proposée, bien au contraire, pour un style qui prend évidemment tout son sens en live. Chaque membre du sextet assure sa ou ses parties (à l'image du deuxième batteur ou du bassiste qui s'occupent en alternance du clavier et des machines) à la perfection. Tout commence le plus souvent par un rythme très lent à la batterie, puis le synthé joue quelques accords dans une ambiance mystique, quelques notes à la guitare et l'on entre dans le vif du sujet, le son saturé entre en action, les chansons se mettent en place petit à petit et la magie opère. La montée en puissance et l'intensité du son et des riffs sont étouffantes, on est écrasés par les vrombissements de la basse, par les riffs des trois guitares, véritables baffes qui nous sont assénées en plein visage ! Les deux batteries, avec parfois quelques parties qui différent, ajoutent encore plus de puissance au set. Mais, pour autant, la beauté des mélodies, les touches aériennes de synthé, dans un mouvement progressif, nous font aussi voyager. L'apport du clavier et des machines, avec quelques parties cuivre, ajoutent des ambiances atmosphériques omniprésentes, tantôt libératrices, tantôt obscures, qui font traverser toutes sortes d'émotions. Ceci, bien entendu, aidé par les lumières intimistes, parfois sombres et faibles, parfois intenses et fournies. Le public, bien qu'en comité restreint, se révélera complètement conquis et captivé par le show assuré devant lui, sur un nuage. Un concert magnifique et magique, qui aura fait rêver et aura parfaitement conclu cette dernière soirée de festival et qui se révélera être la deuxième belle découverte du fest !



Et dans l'ombre surgit la lumière Year Of No Light




Voilà, la septième édition du Metal Culture(s) de Guéret est à présent terminée. Une édition particulièrement riche, pour un festival pluri-disciplinaire qui aura une nouvelle fois su faire varier les évènements et les genres, des concerts tous excellents, très éclectiques dans les styles, mais très bons, des découvertes très intéressantes et des têtes d'affiche au top. Le record d'affluence aura été battu cette année, puisque ce sont 1500 metalleux qui seront venu fouler la fosse de La Chapelle durant ces trois jours de concerts. Les quelques nouveautés (petite scène extérieur sous un chapiteau, librairie) ainsi que l'agrandissement du site se seront révélées bienvenues. On regrettera seulement le manque de ciné-concert cette année, marque de fabrique des éditions précédentes, mais, je vous rassure, selon mes informations, le grand retour est prévu pour l'an prochain ! Rien à signaler concernant les aspects nourriture et boisson, du choix, de la qualité, des bonnes bières et surtout des prix abordables. L'organisation aura été excellente, l'accueil exceptionnel, que ce soit au niveau du public ou des artistes (quasiment tous les artistes l'ont souligné et ont remercié les organisateurs). Le public chaud bouillant aura retourné la Chapelle comme jamais ! Bref, cette réussite démontre que le festival progresse d'année en année et devient une référence dans la région. Un grand bravo à tous les organisateurs, les bénévoles, les metalleux et bien sur les groupes, qui auront tous parfaitement assurés !  Rendez-vous les 10/11/12 mai 2018 pour la prochaine édition !

C'est beau une chapelle qui s'ouvre au metal !











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